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Bzzz...Bzzz...Bzzz...

Bourdonnement d'activité dans la recherche sur les abeilles

Mark Winston espère susciter une réaction, car la population d’abeilles en Amérique du Nord connaît un déclin alarmant.

En effet, près d’un tiers de ces importants pollinisateurs sont morts au cours de l’hiver dernier. C’est pourquoi le chercheur de la Simon Fraser University, qui étudie les abeilles et qui bénéficie d’une subvention du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), presse le Canada d’intervenir rapidement afin d’aider les abeilles à reprendre du poil de la bête. Les récoltes du pays dépendent de la survie de cet insecte.

Si d’autres abeilles meurent cet hiver, les Canadiens pourraient devoir faire face à une hausse du prix des aliments ainsi qu’à une pénurie de miel.

Une forte pression a été exercée sur les spécialistes des abeilles pour qu’ils trouvent une seule cause à cet effondrement soudain et récent des colonies.

Mais selon M. Winston, les changements dans les pratiques de gestion des cultures et des abeilles pourraient être l’un des facteurs de ce phénomène.

« La diminution de la diversité et de l’abondance des abeilles sauvages est directement liée à la réduction de la diversité et de l’abondance des mauvaises herbes. Si vous supprimez les mauvaises herbes, vous réduisez le nombre de pollinisateurs, ce qui aura un effet sur les cultures », affirme M. Winston.

Ceci peut paraître contre‑intuitif, mais pour que leurs cultures donnent un rendement maximal, les cultivateurs devront peut‑être laisser certaines de leurs terres arables en friche afin que les abeilles sauvages puissent y fureter et y faire leurs nids.

De plus, lorsque les pollinisateurs s’alimentent dans des champs consacrés à la monoculture, ils n’ont accès qu’à un aliment. « Les substances nutritives d’un seul aliment ne sont pas suffisamment diversifiées pour nourrir un organisme, quel qu’il soit », explique M. Winston. Tant les abeilles domestiques que les abeilles sauvages ont besoin de systèmes mixtes qui leur donnent accès à davantage de substances nutritives.

Il est important de préserver les populations d’abeilles sauvages, parce que de nombreuses abeilles meurent pendant le transport des ruches qui se fait dans l’ensemble du pays aux fins de la pollinisation des cultures.

« Cette situation est inquiétante et problématique. Les abeilles domestiques subissent un grand stress lorsqu’elles sont déplacées. Un stress supplémentaire peut leur être fatal et entraîner la perte de la ruche. Chaque fois qu’une ruche est déplacée, 10 p. 100 de sa population meurt », souligne M. Winston, professeur au Département d’études biologiques à la Simon Fraser University.

En outre, les antibiotiques et les pesticides utilisés par les apiculteurs ont une incidence sur les colonies d’abeilles. La surutilisation de nombreux produits chimiques augmente la résistance des ravageurs et des maladies qui attaquent les colonies d’abeilles. Des ravageurs tels que les acariens peuvent infester les colonies qui ne sont plus protégées.

La variation des régimes climatiques a aussi affecté les abeilles. Lorsque la température est plus douce en hiver, les abeilles sont plus actives et consomment leurs réserves de miel. Elles n’en ont donc pas assez pour survivre jusqu’à l’arrivée du printemps.

M. Winston a fermé son laboratoire de recherche sur les abeilles pour se consacrer à temps plein à sa fonction de directeur des études au Morris J. Wosk Centre for Dialogue, situé sur le campus Harbour Center de la Simon Fraser University. Dans ce centre, on étudie et enseigne le rôle du dialogue dans la société et on incite les étudiants à améliorer la société canadienne et à créer des outils intellectuels pour résoudre des problèmes.

« Je ne pouvais pas à la fois diriger le centre et réaliser des travaux satisfaisant à mes normes d’excellence dans le laboratoire de recherche », confie M. Winston.

M. Winston, qui est encore considéré comme le doyen des spécialistes canadiens des abeilles, continue de présenter des conférences aux quatre coins du pays pour expliquer le rôle des abeilles dans la pollinisation et ce que nous devons faire pour les sauver. Grâce à ses travaux de recherche, il a créé une solution synthétique de phéromone d’abeille domestique, appelée Fruit Boost. La solution est pulvérisée sur les cultures à l’aide d’un jet d’air ou par hélicoptère, et attire les abeilles.

En outre, ses travaux de recherche lui ont permis de créer une procédure pour évaluer l’effet des pesticides sur les abeilles. Cette procédure a été diffusée et joue un rôle important dans le milieu agricole.

« C’est une question de sensibilisation. Les gens doivent connaître les nouveaux produits et leurs effets sur les abeilles », déclare M. Winston.