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Robot rééducateur

Et un et deux et trois...

Les physiothérapeutes chargés de la rééducation des membres supérieurs d’un patient qui a été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) peuvent maintenant être aidés par un robot.

Cette nouvelle technologie, qui a été élaborée par Hussein Abdullah, professeur de robotique et de génie à la University of Guelph, s’est révélée aussi efficace que la méthode thérapeutique classique. Douze victimes d’un AVC ont été admises à l’unité de réadaptation Chedoke du Hamilton Health Sciences, situé à Hamilton (Ontario), pour participer à une expérience où l’on comparait la méthode classique utilisée par les physiothérapeutes au traitement assisté par un robot.

Dans le cadre d’un projet financé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), on a conçu un robot qui aide à rééduquer les membres déficients, un traitement qui exige beaucoup de temps et d’effort physique de la part du thérapeute. S’il était suffisamment utilisé, le robot pourrait permettre de réduire le temps et l’argent consacrés aux soins de santé. De plus, il est si convivial que quiconque peut s’en servir, même les personnes qui ont peu de compétences en informatique.

« Le thérapeute peut se servir de cet outil, d’expliquer M. Abdullah. Il peut lui enseigner de nouveaux exercices, car il est muni d’un dispositif éducatif. »

Au début du traitement, le robot fait bouger le bras du patient en imitant les gestes de la vie quotidienne, par exemple prendre une tasse ou téléphoner. À la deuxième étape, appelée le « mode assisté actif », le robot n’aide le patient que s’il a de la difficulté à faire le mouvement complet.

« Le patient essaie de faire le mouvement seul et, s’il en est incapable, le robot entre en action et l’aide à accomplir la tâche, explique M. Abdullah. Le système indique au patient s’il a eu de bons ou de mauvais résultats. »

Lorsque le patient a suffisamment progressé, le robot exerce une certaine résistance pour développer sa force musculaire et réactiver la partie du cerveau qui a été endommagée par l’AVC. Une clinicienne‑chercheuse à l’unité Chedoke du Hamilton Health Sciences, Susan Barreca, travaille directement avec le robot dans le cadre de l’expérience menée par M. Abdullah. Elle l’utilise depuis un an et demi auprès d’un groupe aléatoire de patients qui, pour la plupart, sont âgés de plus de 65 ans. L’utilisation du robot soulevait une grande préoccupation : les patients plus âgés se sentiraient‑ils à l’aise de se faire masser les muscles par une machine?

« L’’âge ne semble pas poser problème, affirme Mme Barreca. Les patients aiment le robot. Selon mon expérience clinique, je pensais que deux des patients ne progresseraient pas beaucoup. Mais leur état s’est amélioré de façon remarquable, ce qu’ils ont attribué au robot. »

La prochaine étape du projet consiste à déterminer si la thérapie à l’aide du robot est à elle seule beaucoup supérieure au traitement administré par un thérapeute lorsque le bras est partiellement paralysé. Le robot est en mesure d’exécuter 12 programmes de mouvements thérapeutiques différents et permet aux thérapeutes d’en créer de nouveaux.

M. Abdullah ajoute que la conception du robot pourrait être adaptée pour traiter les membres supérieurs des personnes atteintes de lésions à la moelle épinière. Il veut réaliser une plus vaste expérience auprès d’un plus grand nombre de sujets, afin de présenter les résultats à Santé Canada. Il prévoit que la plus grosse préoccupation à l’égard du robot intelligent sera la sécurité du patient.

« Le robot est muni d’un très bon système de sécurité qui l’empêche de faire des mouvements qui ne sont pas prévus, précise M. Abdullah. La protection du patient est très importante, parce que le robot est conçu pour fonctionner sans l’intervention directe des utilisateurs. »