Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
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Vue d’ensemble

Élargir son champ de vision

Frances Wilkinson, professeure de psychologie à l’Université York, étudie la science de la vision afin de déterminer si, dans notre société, on ne laisse pas de côté certains facteurs clés qui pourraient aider les personnes âgées à être davantage conscientes de leur environnement et à interagir avec ce dernier.

Grâce à une subvention à la découverte du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), Mme Wilkinson peut non seulement déterminer par des expériences quelles parties du cerveau perçoivent les visages et d’autres objets complexes, mais aussi si ces capacités visuelles se détériorent avec le temps, et le cas échéant, de quelle façon. L’une des questions à laquelle Mme Wilkinson tente de répondre dans ses études, auxquelles participent volontairement des personnes âgées vivant dans la collectivité, consiste à savoir si l’affaiblissement de la vision résulte de changements qui ont lieu dans les yeux ou de processus de vieillissement plus vastes qui surviennent dans le cerveau.

Ses travaux touchent directement les aînés au Canada. Par exemple, si une personne éprouve une difficulté perceptive dans son environnement visuel à mesure qu’elle vieillit, ces problèmes de vision pourraient l’obliger à rester à l’intérieur et à demeurer inactive par crainte de se blesser. Mme Wilkinson s’intéresse beaucoup à adapter l’environnement aux besoins des personnes âgées.

« Il se peut que la conception et la décoration de nos lieux habitables ne soient pas idéales pour répondre aux besoins des personnes âgées, déclare-t-elle. Par exemple, il serait préférable d’avoir recours aux couleurs très contrastées plutôt qu’aux couleurs pastel ou pâles. »

Malheureusement, on ne tient souvent pas compte des obstacles visuels lorsqu’on introduit de nouvelles technologies. « On dit qu’il serait bon de passer à la publication électronique des journaux dans Internet, mais avant, il faudrait s’assurer que toutes les personnes peuvent faire cette transition, explique Mme Wilkinson. Si l’utilisation d’un écran d’ordinateur cause un stress visuel ou une douleur visuelle à certaines personnes, il s’agit là d’un cas où la technologie entraîne un isolement. »

Mme Wilkinson se sert d’un analyseur de champ visuel, un appareil acquis grâce à une subvention d’outils et d’instruments de recherche du CRSNG, pour déterminer si une personne a une vision réduite dans une partie précise de son champ visuel. Il arrive souvent que quelqu’un ne puisse pas déceler ces changements avant qu’ils ne deviennent graves.

Mme Wilkinson vise également à déterminer s’il existe des facteurs qui permettent au cerveau de percevoir les visages humains différemment des autres stimulus. Elle fait appel à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) pour analyser la façon dont les parties du cerveau réagissent à divers objets tels que les visages, les fruits, les légumes et les fleurs. L’IRMF permet à Mme Wilkinson de savoir quelle partie du cerveau réagit aux visages en comparant l’information obtenue pour d’autres stimulus tels que les maisons ou les animaux. Selon elle, cette étude ne mènera pas à des applications immédiates, mais il est important de comprendre comment les gens utilisent leurs visages pour communiquer.

« Nous nous servons beaucoup de notre visage dans nos communications personnelles, explique-t-elle. Le visage nous permet de tirer de l’information, d’exprimer des émotions, de juger les gens et d’identifier rapidement les membres de notre groupe d’après leurs visages. Ainsi, la question de savoir si notre cerveau perçoit les visages différemment des autres stimulus fait couler beaucoup d’encre dans le domaine de la science de la vision. »