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Apprendre des locustes

Une étude réalisée à la Queen's University indique la voie vers un nouveau traitement des accidents vasculaires cérébraux et de la migraine

Le 13 août 2009 – Une similarité entre la perturbation du cerveau chez les insectes et les humains qui souffrent de migraines, d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) et d'épilepsie indique la voie vers de nouvelles pharmacothérapies pour traiter ces affections.

Des biologistes de la Queen's University qui étudient les locustes ont trouvé que ces troubles humains sont liés à une perturbation du cerveau au cours de laquelle les cellules nerveuses cessent toute activité. Ce phénomène se produit aussi chez les locustes lorsqu'elles tombent dans un coma après une exposition à des conditions extrêmes comme des températures élevées ou un manque d'oxygène.

L'étude réalisée à la Queen's University montre que la capacité des insectes de résister au coma et la vitesse de leur rétablissement peuvent être influencées à l'aide de médicaments qui ciblent une des voies de transmission de signaux cellulaires dans le cerveau.

« Cela suggère que des traitements similaires appliqués aux humains pourraient modifier les seuils de déclenchement ou la gravité des migraines et des AVC, déclare Gary Armstrong, qui termine ses travaux de doctorat en biologie au laboratoire du professeur Mel Robertson. Ce que je trouve tout particulièrement intéressant, c'est que dans l'un de nos modèles sur la locuste, l'inhibition de la voie ciblée élimine complètement la perturbation du cerveau chez 70 p. 100 des sujets », ajoute M. Robertson.

L'équipe de recherche de la Queen's University a démontré antérieurement que, chez les locustes, le coma est un état léthargique qui permet de conserver l'énergie lorsque les conditions sont dangereuses. Les réactions cellulaires observées chez la locuste sont semblables à la réaction des cellules du cerveau au début d'une migraine.

Ayant noté qu'il est difficile de noyer un insecte, parce qu'il est capable de rester sous l'eau en sécurité dans le coma pendant plusieurs heures, M. Armstrong souligne « qu'il est intriguant de penser que les problèmes neuronaux humains partagent peut-être leurs racines mécanistes avec le processus utilisé par les insectes pour survivre à des crues éclairs ».

Les résultats de l'étude réalisée à la Queen's University sont publiés dans le dernier numéro du Journal of Neuroscience. Les autres chercheurs de l'équipe sont Corinne Rodgers et Tomas Money, qui travaillent également au laboratoire de M. Robertson. Les travaux de recherche sont appuyés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).