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Régénération

Le 16 septembre 2009 – Le corps humain est une machine miraculeuse, mais il existe de nombreuses blessures et maladies qu'il ne peut pas guérir lui-même. Molly Shoichet, chercheuse à la University of Toronto qui bénéficie de l'appui du CRSNG, réalise des progrès importants dans le domaine de la médecine régénérative qui pourraient éventuellement mener à la mise au point de traitements efficaces pour des blessures graves entraînant entre autres la paralysie.

Actuellement, le traitement « de prédilection » consiste à greffer du tissu provenant d’une autre partie du corps en vue d’une transplantation; on crée ainsi une seconde blessure pour traiter la première. Cependant, une fois que le greffon est en place, plusieurs problèmes peuvent se poser et empêcher la réussite. S’il n’y a pas suffisamment de cellules nerveuses ou de croissance cellulaire dans la région souhaitée, la transplantation échouera. Dans le cas des blessures à la colonne et au cerveau, la greffe peut causer un traumatisme supplémentaire et doit contrer l’effet du milieu inhibiteur existant dans le tissu de type cicatriciel qui entoure la blessure pour réussir à se régénérer.

Puisque la greffe de tissu nerveux pose tant de problèmes, Mme Shoichet a décidé de s’attaquer au problème d’une autre façon, soit en favorisant la régénération du tissu nerveux dans la blessure.

Mme Shoichet et son équipe ont créé des trames qui guident la régénération du tissu nerveux. À l’aide d’un procédé qu’elle a mis au point, elle conçoit des polymères pour fabriquer des hydrogels poreux semblables à du tissu qui offrent un support aux nouvelles cellules nerveuses. Un laser marque le gel pour former avec des peptides et des molécules entrelacés des motifs tridimensionnels qui favorisent la régénération du tissu nerveux. Ces stimulants déterminent la façon dont les cellules croissent et se différencient. Mme Shoichet décrit ces stimulants comme une piste que les cellules nerveuses suivent à mesure qu’elles se régénèrent. Avec le temps, l’hydrogel biodégradable se dissout et laisse seulement le tissu régénéré à sa place.

La médecine régénérative pourrait très certainement changer la façon dont les gens sont traités pour les blessures traumatiques, notamment une fracture des os et une lésion de la moelle épinière. Elle pourrait comporter plusieurs avantages, notamment, une période de convalescence plus courte et un rétablissement fonctionnel. Mme Shoichet travaille également à la mise au point d’une technique d’administration ciblée de médicaments qui consiste à injecter une solution de polymères à prise rapide à l’endroit de la blessure — une rupture de la colonne vertébrale, par exemple, où elle gélifie rapidement pour permettre l’administration des médicaments directement au tissu endommagé.

Bien qu’il reste encore beaucoup de travail à accomplir, les nouvelles stratégies de Mme Shoichet ont montré des résultats prometteurs. En collaboration avec un autre chercheur, elle travaille à la mise au point d’une stratégie d’administration peu effractive qui vise à stimuler la croissance de cellules souches dans le cerveau après un accident vasculaire cérébral. Dans le cadre d’essais précliniques d’un traitement pour les blessures à la colonne vertébrale, des rats paraplégiques ont présenté une régénération de leurs tissus nerveux et une récupération partielle de la mobilité lorsque la trame était implantée. Plus récemment, Mme Shoichet et son équipe ont appliqué leur technique à la conception d’une rétine artificielle des tinée à être greffée à des patients ayant perdu la vision.

Les recherches de Mme Shoichet sont prometteuses et pourraient améliorer la qualité de vie des Canadiens blessés.