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L’écoharmonie

Contrôler les insectes

Le 13 novembre 2009 – Alors qu'une armée de dendroctones du pin ponderosa (DPP) continue de décimer de grandes parties des forêts canadiennes, les scientifiques intensifient leurs travaux de recherche afin de trouver des façons de mieux contrôler ces insectes et d'autres ravageurs forestiers affamés, ainsi que les pathogènes fongiques qui les accompagnent.

Les résultats de ces travaux pourraient contribuer à la préservation des quelque 15 millions d'hectares actuellement occupés par le DPP – un territoire qui a une immense valeur en raison de ses ressources en bois, de ses zones récréatives et de ses habitats fauniques.

Le biologiste de la University of British Columbia (UBC), Joerg Bohlmann, et son équipe sont à l'avant-garde de la création de connaissances – à l'échelle biochimique du génome et de la molécule – sur le DPP et les arbres qui constituent son habitat. En outre, ce chercheur appuyé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) a découvert de précieux indices sur le rôle que joue le champignon du bleuissement, un pathogène qui accompagne invariablement le DPP et qui, de fait, l'aide à s'installer dans un arbre-hôte.

Les plus récents travaux de M. Bohlmann ont consisté à faire le séquençage du génome du champignon du bleuissement. Sa réussite est attribuable à sa collaboration étroite avec les chercheurs Colette Breuil du Département de la science du bois de la UBC, Richard Hamelin de Ressources naturelles Canada et Steven Jones du Michael Smith Genome Sciences Centre du Canada.

« Chaque fois que l'on réussit à obtenir l'empreinte génétique d'un organisme, on peut interpréter cette information et chercher dans cet organisme des processus et des mécanismes biologiques qui pourraient faire l'objet d'une intervention », explique M. Bohlmann. Celui-ci aimerait entre autres découvrir la base génétique des techniques utilisées par l'insecte et le champignon pour contourner et neutraliser les défenses naturelles des conifères.

Habituellement, les conifères se protègent de telles attaques à l'aide de processus chimiques complexes, notamment l'augmentation de la production de résine, un composé antibiotique, antimicrobien et insecticide auquel peu d'insectes peuvent survivre. Pourtant, le DPP est de fait capable de traverser cette barrière collante pour envahir l'arbre.

M. Bohlmann croit que le champignon du bleuissement ouvre la voie à l'insecte en réduisant la toxicité de la résine, puis accroît le caractère hospitalier de l'arbre en supprimant sa capacité à produire davantage de résine et en mettant les éléments nutritifs de l'arbre à la disposition de l'insecte. C'est cette attaque symbiotique combinée qui semble causer la mort des arbres, plutôt que les simples dommages causés par le scolyte.

M. Bohlmann est convaincu que son équipe peut contribuer à trouver de nouveaux moyens d'accroître la résistance naturelle de l'arbre ou d'interrompre la symbiose entre l'insecte et le champignon.

Selon lui, l'objectif consiste à rétablir l'équilibre au sein de l'écosystème en faisant en sorte que le DPP s'en tienne à son rôle naturel, qui consiste à aider au rajeunissement des ressources forestières du Canada en attaquant seulement les arbres plus faibles et plus vieux.

M. Bohlmann estime que ce genre de connaissances peut aider les aménagistes forestiers à prendre de meilleures décisions quant au peuplement, à la récolte ou à d'autres pratiques de gestion afin d'assurer un avenir plus durable pour tous les utilisateurs des forêts.