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Les toits verts

La nature prend le dessus

Le 26 novembre 2009 – Dans le cadre des études supérieures qu'il poursuit à la St. Mary's University (Halifax), Scott MacIvor réalise des travaux de recherche sur les toits verts, une technologie prometteuse pour accroître la viabilité des centres urbains en y ramenant la nature. À l'heure actuelle, ces toits sont surtout constitués d'espèces étrangères qui peuvent résister aux conditions rigoureuses auxquelles elles sont exposées, mais qui n'accomplissent qu'un certain nombre de fonctions écosystémiques parce que leur rendement a été maximalisé. Les travaux de M. MacIvor visent à évaluer la pertinence d'utiliser des espèces indigènes pour les toits verts. Son hypothèse est que les végétaux locaux pourraient accroître le rendement et la valeur écologique de ces toits.

Les toits verts sont très avantageux pour les bâtiments et réduisent l'effet nocif des villes sur l'environnement. Dans les centres urbains, la température moyenne est supérieure de quatre degrés Celsius à celle des régions avoisinantes, parce que les matériaux traditionnels utilisés dans les bâtiments absorbent les rayons du soleil et les rejettent sous forme de chaleur. Les toits verts peuvent réguler la température d'une ville, parce qu'ensemble, ils réfléchissent les rayons du soleil et constituent une barrière isolante qui assure la stabilité de la température à l'intérieur des bâtiments. Ainsi, ceux-ci sont plus frais en été et plus chauds en hiver, et la consommation d'énergie est réduite de 26 p. 100. En outre, comme le sol des toits verts retient jusqu'à 75 p. 100 de l'eau et des polluants, les eaux d'orage sont réduites. Enfin, il a été prouvé que les toits verts peuvent jusqu'à tripler la durée de vie d'un toit, ce qui représente un avantage économique non négligeable.

M. MacIvor réalise ses travaux à l'installation d'essai des toits verts de la St. Mary's University. Il étudie 15 espèces indigènes plantées dans des modules dupliqués. Il suit pendant une année les taux de croissance, le couvert, la réflectivité, la température du sol, la rétention d'eau et la survie. Il compare ensuite ses résultats au rendement de trois espèces végétales étrangères qui sont souvent utilisées dans l'industrie. Il a pour objectif d'accroître le nombre de plantes utilisées dans l'industrie canadienne du toit vert.

M. MacIvor s'intéresse aussi à un autre aspect : la biodiversité des insectes. Bien que l'idée d'accroître le nombre d'insectes ne sourit pas à tout le monde, il faut admettre que ceux ci font partie intégrante de l'écosystème. La santé d'un toit vert peut en grande partie être évaluée en fonction du nombre et du type d'insectes qui y vivent. La diversité et la force de cette population d'insectes seront comparées à celles des insectes qui vivent au sol, dans la végétation urbaine.

M. MacIvor souligne que les toits verts pourraient fournir des solutions à plusieurs problèmes urbains. En effet, comme ils rendent le milieu urbain plus accueillant pour les animaux en leur offrant des habitats, ils favorisent la croissance de la population animale dans les villes. Et il en va de même pour la flore. Selon M. MacIvor, les toits verts pourraient aussi contribuer à la préservation des plantes. Pour ses travaux, il se sert d'espèces végétales de la plaine côtière, dont certaines sont rares ou en voie de disparition. S'il s'avère que ces plantes peuvent résister aux conditions environnementales auxquelles sont exposés les toits verts, l'industrie pourrait les adopter et les cultiver en plus grand nombre.

Les toits verts sont très populaires en Europe, où ils sont apparus pour la première fois à la fin des années 1960. Cette technologie n'a pas été adoptée aussi rapidement en Amérique du Nord, mais sa popularité s'accroît depuis quelques années, particulièrement dans les grandes villes. Chicago est en tête du peloton avec plus de 200 toits verts et un programme de subventions d'incitation. En mai 2009, la ville de Toronto a adopté un règlement exigeant que 10 p. 100 des bâtiments industriels aient un toit vert d'ici 2011.

Les travaux de M. MacIvor sur la viabilité des plantes indigènes pourraient constituer un modèle pour de futures études qui élargiraient les connaissances sur l'utilisation de plantes régionales et favoriseraient l'aménagement de toits verts. L'écologisation des toits de nos villes sera bénéfique à de nombreux égards – tant pour les insectes que pour les entreprises!