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Adaptation rapide

Darwin encore plus présent aujourd'hui

Le 17 décembre 2009 – Au moment où l'on célèbre le 150e anniversaire de L'origine des espèces, une équipe de biologistes évolutionnistes de l'Université d'Ottawa a placé la théorie de l'adaptation sous le microscope, et encore une fois, Darwin s'en sort très bien.

À cette fin, M. Rees Kassen, professeur agrégé au Département de biologie, a dirigé les travaux d'une équipe de chercheurs, composée de Sijmen Schoustra, stagiaire postdoctoral, et de Danna Gifford, étudiante diplômée, qui a suivi les adaptations qui surviennent chez un champignon à reproduction rapide. Les résultats de leur étude seront publiés dans la revue PLoS Biology.

Le but des travaux était de comprendre comment les adaptations qui permettent à un organisme d'être plus compétitif et de mieux se reproduire que ses parents s'accumulent à partir de mutations occasionnelles dans les séquences de l'acide désoxyribonucléique (ADN).

« Darwin ne connaissait pas l'ADN; il ne pouvait donc pas avoir compris quelles matières premières étaient utilisées par la sélection naturelle pour engendrer une adaptation. Autrement dit, il ne savait pas comment susciter une adaptation », a affirmé M Kassen.

Pour observer ce qui se passe – étape par étape – les chercheurs ont examiné les adaptations survenues au cours de 800 générations dans deux populations de taille différente formées de plus de 100 lignées de champignons.

Les résultats expérimentaux ont révélé que presque toutes les lignées en évolution s'adaptaient en utilisant juste quelques mutations.

« Darwin avait raison au sujet de la sélection naturelle, mais il n'est pas nécessaire qu'elle soit aussi lente qu'il le pensait. L'adaptation peut se produire rapidement, parce que seulement quelques mutations sont mises à contribution et que les plus grands avantages surviennent habituellement tôt », a-t-il ajouté.

« Ces résultats ont des conséquences importantes et fournissent la première confirmation expérimentale des prévisions tirées de la modélisation concernant l'adaptation », a expliqué M. Kassen.

Les conclusions des travaux de recherche de M. Kassen démontrent qu'on ne devrait pas être surpris d'observer des adaptations rapides dans la nature, que ce soit à l'égard des nouveaux antibiotiques dans nos hôpitaux ou des rapides changements climatiques. La rapidité d'adaptation est donc un élément clé en ce sens que les populations naturelles doivent s'adapter assez rapidement pour ne pas se trouver parmi celles qui sont éliminées par la sélection naturelle.