Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
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Protéger la moelle épinière

Deux têtes valent mieux qu'une

Le 9 février 2010 – Qu'il s'agisse d'un tacle pour remporter le match, d'une chute sur les pentes de ski ou d'un vol plané par-dessus les guidons, d'innombrables Canadiens évitent de graves blessures du fait qu'ils portent un casque. Bien que les modèles actuels protègent la tête contre les traumas et les lésions cérébrales, ils ne peuvent empêcher les fractures du cou, qui peuvent à leur tour causer des lésions à la moelle épinière et la paralysie – des blessures généralement incurables. Avec une moyenne de 13 000 lésions à la moelle épinière par année en Amérique du Nord, dont bon nombre sont associées à la paralysie, la prévention est certes la solution.

M. Peter Cripton, chercheur de la University of British Columbia (UBC), et Tim Nelson, étudiant au doctorat à la UBC, sont tous deux co-inventeurs du casque Pro-Neck-Tor. Ce casque, qui est issu de travaux de recherche appuyés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), renferme un dispositif, en attente de brevet, dont le but est de fournir une protection contre les lésions à la moelle épinière.

Dans une situation où le premier impact a lieu à la tête, le corps poursuit son élan même après que la tête se heurte contre une surface. Puisque cette énergie n'a nulle part où aller, c'est la colonne vertébrale qui doit résister à la force de l'impact. En raison de cet élan, la force de l'impact peut être équivalente au poids de cinq personnes. Le cou étant incapable de supporter une telle force, il peut s'ensuivre une fracture du cou, une lésion à la moelle épinière et la paralysie.

La conception du casque Pro-Neck-Tor est unique en raison de sa double couche. Sa couche extérieure assure les mêmes fonctions qu'un casque normal, mais elle est également connectée à une couche intérieure mobile par l'entremise d'un système à goupille guidée. Ce dernier est déclenché uniquement lorsque la tête frappe à une vitesse et à un angle particuliers. Au moment de l'impact, la couche intérieure fait incliner la tête soit vers l'avant, soit vers l'arrière, pour que la colonne vertébrale se courbe et adopte une posture qui dissipera la force de l'impact et l'éloignera du cou et de la région cervicale.

M. Cripton et son équipe ont mené des essais préliminaires à l'aide d'un modèle mécanique de la tête et du cou. Selon l'angle d'impact, la couche intérieure mobile a permis de réduire la force d'impact au cou de jusqu'à 56 p. cent, et la force de torsion, de jusqu'à 72 p. cent.

La conception du Pro-Neck-Tor est financée par le programme De l'idée à l'innovation du CRSNG qui a pour objectif d'accélérer le développement des technologies prometteuses et de promouvoir leur transfert vers des entreprises canadiennes. Ce casque présente des possibilités très intéressantes pour les sports susceptibles de comporter des collisions. Par contre, le chercheur fait remarquer qu'il sera probablement commercialisé prioritairement auprès des joueurs de hockey et de football en raison du taux élevé de blessures à la colonne vertébrale résultant d'un premier impact à la tête, par rapport aux autres sports.

Le casque est encore à l'étape de conception, et sa mise en marché pourrait prendre de trois à dix ans. M. Cripton et son équipe prévoient la conception de divers modèles pour correspondre aux différents sports. Ils s'attendent également à ce que le casque Pro-Neck-Tor pèse autant que les casques standard.

Voilà une manière de s'attaquer au problème en fonçant la tête première.