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Des chirurgies plus sûres

Nouveau système de surveillance des patients

Un ingénieur électricien connu pour ses contributions à l'industrie des pâtes et papiers et un médecin qui a accru la sûreté des pratiques d'anesthésie pédiatrique peuvent sembler avoir peu de choses en commun. Mais Guy Dumont et Mark Ansermino ont combiné leurs talents pour créer des technologies médicales qui contribuent à sauver des vies.

C'est dans un lieu inattendu – un court de squash – qu'est née cette combinaison réussie de leurs compétences respectives. Il y a plusieurs années, un stagiaire postdoctoral qui étudiait avec M. Dumont s'est lancé dans une conversation avec un étudiant en anesthésiologie pendant un match amical. Le stagiaire a communiqué les idées issues de cette conversation à M. Dumont, piquant ainsi l'intérêt de son professeur qui a ensuite commencé à organiser des discussions officielles pour explorer une nouvelle voie de recherche. Un éventuel collaborateur s'est alors distingué : Mark Ansermino.

Le résultat final de la conversation improvisée originale est une technologie novatrice qui combine les techniques du génie électrique et l'anesthésiologie. Cette réalisation a valu à MM. Dumont et Ansermino, deux chercheurs de la University of British Columbia, le Prix Brockhouse du Canada pour la recherche interdisciplinaire en sciences et en génie qui est remis par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

Les deux chercheurs ont élaboré ensemble le navigateur d'anesthésie intelligent (Intelligent Anesthesia Navigator ou IAN). Il s'agit d'un ensemble d'outils qui améliorent grandement la capacité des anesthésistes de surveiller les patients pendant une opération.

En effet, pendant une opération, les anesthésistes doivent suivre une batterie complexe de données provenant de capteurs. Tout outil qui peut simplifier ce processus et en accroître l'efficacité réduira le nombre de complications qui peuvent faire du tort aux patients et même les tuer.

« À titre de clinicien, je veux utiliser des technologies qui me permettent d'améliorer ce que je fais, explique M. Ansermino. À titre de chercheur, je tiens vivement à ce que les technologies soient utilisées de façon à ne représenter aucun risque pour les patients et à donner aux médecins la capacité d'avoir un rendement optimal. »

Comme l'ont démontré les essais cliniques, l'IAN comporte certaines caractéristiques qui réduisent le nombre de fausses alarmes et détectent les problèmes plus rapidement que la technologie actuelle. En outre, il envoie le message d'alarme à l'aide de vibrations qui proviennent d'une ceinture plutôt que d'une alarme sonore qui fait concurrence aux autres bruits de la salle d'opération.

« Les ingénieurs électriciens sont des experts de la détection et de l'interprétation des signaux. Sur ce plan, les machines et les humains se ressemblent, ajoute M. Dumont. Les signaux envoyés par le cerveau sont plus faibles et plus complexes, mais nous pouvons utiliser les mêmes techniques pour les traiter et fournir de l'information à l'anesthésiste. »

MM. Ansermino et Dumont attribuent l'élaboration de l'IAN à l'union étroite qui existe entre les deux équipes de chercheurs.

« L'un de mes objectifs à titre d'enseignant est de promouvoir le concept du chercheur clinicien – un médecin qui se fonde sur l'expérience clinique pour formuler des questions de recherche et qui sait comment intégrer dans le travail quotidien les résultats de la recherche », explique M. Ansermino.

« Très souvent, les activités de génie biologique se déroulent dans un laboratoire. Pour les étudiants, c'est la salle d'opération qui est le laboratoire, explique M. Dumont. Les travaux que nous réalisons en tant qu'ingénieurs sont très proches de la pratique clinique. »

Les deux chercheurs travaillent maintenant à l'élaboration de technologies novatrices et peu coûteuses pour améliorer les soins aux patients et leur sécurité dans le monde en développement. Plutôt que de créer des produits médicaux qui ne seront utiles qu'à une mince fraction de la population mondiale – la minorité fortunée –, ils sont déterminés à améliorer les soins de santé pour « l'autre 90 p. 100 ».

« L'anesthésie est déjà une procédure extrêmement sûre au Canada; il est donc difficile de montrer comment une nouvelle technologie pourrait en accroître davantage la sûreté, déclare M. Ansermino. C'est dans le monde en développement que notre technologie aura un effet mesurable qui mènera à l'adoption de nos inventions dans le monde entier. »