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Hors d’ici punaises de lit!

Concevoir des pièges à insectes non toxiques

Lorsque les animaux ou les insectes cherchent de la nourriture, ils réagissent aux signaux qu’ils perçoivent dans leur environnement et qui les mènent à des sources alimentaires. Toutes leurs réactions sont basées sur des signaux chimiques, lumineux et sonores qui les aident à se diriger vers leur repas.

Les gens sont de plus en plus réticents à utiliser des pesticides pour tuer les insectes ou les rongeurs en raison des produits chimiques toxiques qu’ils contiennent et qui pourraient avoir des effets néfastes sur leur santé.

Gerhard Gries, qui est professeur à la Simon Fraser University de la Colombie­Britannique, est en train d’élaborer des technologies écologiques pour détecter, surveiller ou contrôler les insectes. Il conçoit des pièges non toxiques pour attraper les insectes à l’aide des mêmes signaux que ceux qu’ils utilisent pour trouver leur nourriture.

« Je veux intégrer ces différents signaux à un système de piégeage afin de les exploiter », explique M. Gries, qui est titulaire de la Chaire de recherche industrielle du CRSNG en écologie de la communication chez les insectes.

La première difficulté que comporte la lutte contre les infestations voraces des punaises de lit est la capacité de ces insectes minuscules à se cacher dans des fissures et des crevasses où il est difficile de les trouver. Actuellement, de nombreuses entreprises de lutte contre les insectes ont recours à des chiens dressés qui indiquent au maître-chien la piste des punaises de lit grâce aux produits chimiques qu’elles dégagent et qu’ils reconnaissent.

« Ce moyen de détecter ces insectes est très efficace, mais très coûteux, et nécessite la présence d’un maître-chien », poursuit M. Gries.

Lorsque les punaises de lit sont repérées, les entreprises de lutte contre les insectes les exterminent en condamnant les locaux infestés et en augmentant la température à plus de 45o Celsius.

M. Gries travaille à l’élaboration d’un détecteur de punaises de lit basé sur l’utilisation de signaux, par exemple ceux qui proviennent de personnes endormies, qui permettra d’attraper un échantillon d’insectes. Ainsi, la chaleur du corps humain, ses odeurs et le dioxyde de carbone expulsé pendant la respiration sont des signaux qui indiquent aux punaises de lit où trouver le sang qui constituera leur prochain repas. En utilisant des substances attractives similaires, M. Gries veut tromper les insectes et les inciter à explorer. Lorsqu’ils seront pris au piège, le propriétaire pourra localiser l’infestation et prendre des mesures pour la supprimer.

M. Gries utilise une méthode similaire pour détruire les insectes qui se nourrissent de semence, par exemple, la punaise du pin (Western conifer seed bug), qui, en envahissant les vergers à graines, peuvent détruire toute la récolte des semences du pin blanc, du Douglas taxifolié et de l’épicéa et menacer leur régénération.

Ces insectes pénètrent dans les pommes de pin et se nourrissent des graines qui s’y trouvent. Les travaux de recherche de M. Gries ont révélé que la température à l’intérieur de ces pommes est supérieure de 20o à celle du feuillage avoisinant. Ils ont aussi montré que les pommes de pin émettent un rayonnement infrarouge qui attire les insectes qui ont des récepteurs à infrarouge sur le ventre.

M. Gries s’est inspiré de ses connaissances sur les signaux auxquels réagissent les punaises de pin pour créer un piège en forme de pomme de pin où la température est chaude et qui émet les longueurs d’onde de la lumière visible que les insectes recherchent. Les punaises de pin sont attirées par la lumière et piégées sur les pommes de pin artificielles recouvertes d’un adhésif. Ainsi, les véritables pommes de pin sont épargnées. L’objectif est de placer des pommes de pin artificielles un peu partout dans une pépinière, afin de protéger les véritables pommes de pin des ravageurs en maraude.

L’intention de M. Gries n’est pas seulement de trouver des solutions pour lutter contre les ravageurs qui seront utiles à l’industrie et au secteur agricole. Il est également fasciné par la façon dont les insectes et les animaux communiquent, repèrent les ressources, se trouvent les uns les autres et établissent leur territoire.

« Nous essayons véritablement de comprendre la nature : c’est notre principale motivation et notre principale tâche, conclut M. Gries. Dans cette quête, nous faisons des découvertes que nous pouvons utiliser pour manipuler Dame Nature à l’avantage de la société. »