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Éviter les avalanches

Reconnaître les signes avant-coureurs

Chaque année, l'arrière-pays des chaînes de montagnes de l'Ouest canadien attire des milliers de personnes qui souhaitent découvrir ce que la nature a de mieux à offrir. Bruce Jamieson, titulaire de la Chaire de recherche industrielle du CRSNG sur la prévention des risques d'avalanches de neige, étudie les avalanches depuis 24 ans afin d'éviter à ces aventuriers d'en être victimes.

Pour ceux qui se déplacent dans l'arrière-pays, que ce soit à pied, en ski ou en motoneige, les avalanches présentent un danger bien réel. Au Canada, de 1997 à 2007, 98 avalanches distinctes ont causé la mort de 139 personnes qui participaient à des activités récréatives hivernales.

Grâce à des travaux de recherche exhaustifs, nous possédons maintenant beaucoup plus d'information sur ces dangers. Le Canadian Avalanche Centre (CAC) produit des bulletins pour aider les gens à comprendre les risques d'avalanches à un moment précis. Les travaux de M. Jamieson révèlent notamment que les conditions locales sont très importantes et que les personnes qui s'aventurent dans l'arrière-pays doivent faire leur possible pour reconnaître les signes avant-coureurs d'une avalanche.

Les résultats de ses recherches sont repris dans les guides sur l'arrière-pays, par les spécialistes de la prévision des avalanches et par le grand public grâce à un réseau de partenariats avec l'industrie et des organisations sans but lucratif.

« Il est essentiel de transmettre au public des renseignements accrus sur les risques d'avalanche et d'aider les randonneurs de l'arrière-pays à décider s'il convient ou non de s'aventurer dans un endroit, tandis que nous travaillons à accroître la sécurité et à aider à sauver des vies », affirme M. Jamieson, qui est aussi professeur agrégé à la Schulich School of Engineering de la University of Calgary.

Son équipe de recherche a mis au point une technique qui permet de repérer la neige instable, soit les ruptures soudaines et planes et les affaissements soudains. Quatre-vingt-douze pour cent des accidents survenant pendant une activité récréative sont causés par des avalanches de plaque sèche déclenchées par la victime ou un de ses compagnons. Les avalanches de plaque sèche sont habituellement causées par la présence d'une couche mince et fragile sous une plaque de neige cohésive. La technique de repérage de la neige instable consiste à donner une série de petits coups sur la neige, puis à observer si elle se brise graduellement, un peu à chaque fois qu'on la frappe (soit une rupture soudaine et plane), ou si elle se brise plus soudainement causant une plus grande fracture (c.-à-d. un affaissement soudain). Un affaissement soudain signifie qu'il existe une faible couche et qu'on devrait éviter l'endroit ou prendre des précautions.

Plus récemment, l'équipe de recherche de M. Jamieson a travaillé avec le CAC pour déterminer les principaux indicateurs auxquels les randonneurs de l'arrière-pays peuvent se fier, en plus des bulletins d'avalanche, pour déterminer s'ils devraient s'aventurer dans un endroit en particulier.

« Bon nombre de ces bulletins visent des régions de plus de 10 000 km2, tandis qu'une excursion récréative de l'arrière-pays peut s'étendre sur moins de 10 km2, affirme M. Jamieson. Compte tenu de la variabilité des conditions du manteau neigeux, les randonneurs devraient "localiser" les risques d'avalanche en faisant certaines observations au cours de leur excursion. »

Reconnus pour l'envergure de leurs travaux sur le terrain, M. Jamieson et son équipe ont passé 174 jours à observer des bassins et à comparer les avertissements d'avalanche du CAC aux conditions locales afin d'aider à cerner les indicateurs clés qui permettent de localiser les dangers d'avalanche. Actuellement, l'équipe est la première à utiliser la photographie thermique pour mieux comprendre le transfert de chaleur complexe qui se produit dans le manteau neigeux alors que le soleil le réchauffe sur le dessus et que le sol libère de la chaleur en dessous.

« À l'œil nu, on pourrait croire qu'il ne se produit rien, mais il se passe beaucoup de choses qui pourraient contribuer à provoquer une avalanche. Plus nous en savons, plus nous pouvons informer les gens et les aider à prendre de bonnes décisions qui les garderont en sécurité. »

En somme, tout repose sur la décision de s'aventurer ou non dans une zone où il y a un risque d'avalanche. En comprenant les risques et en sachant reconnaître les signes de danger, un plus grand nombre d'amateurs de plein air pourront profiter du paysage sans se soucier de ce qui pourrait bien leur tomber dessus.