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Repousser nos limites

Les athlètes de haut niveau sont des experts du triomphe de l'esprit sur le corps. Ils dépassent couramment les limites normales de l'endurance humaine pour monter sur le podium, mais leurs prouesses physiquement éreintantes, presque surhumaines, sont-elles attribuables à une discipline mentale ou à un exploit physique? Mais surtout, est-ce que le fait de dépasser le seuil de tolérance à la douleur se traduit par une performance et des résultats supérieurs?

Patrick Neary, chercheur à la University of Regina, étudie la fatigue biologique afin de déterminer si le cerveau commande les muscles ou si les muscles déclenchent une rétroaction dans le cerveau et de savoir s'il existe des conditions parfaites pour atteindre une performance physique maximale. En plus d'explorer l'interaction entre le cerveau et les muscles pendant un exercice intense, son équipe étudie ce qui se produit lorsque des facteurs tels que l'âge, la chaleur extrême ou une altitude élevée entrent en jeu. Les Jeux qui se sont déroulés à Mexico en 1968 ont révélé les effets de l'altitude sur la performance : des records mondiaux et ont été enregistrés uniquement dans les sports anaérobies – les sports de grande intensité et de courte durée.

Les travaux de M. Neary révèlent que malgré toute la volonté qu'ils peuvent avoir, les athlètes ne pourront jamais dépasser certaines limites. Au bout du compte, des facteurs tels que la température et l'altitude par rapport au niveau de la mer nuisent à la capacité du cerveau d'envoyer aux muscles l'information qui leur permettrait d'avoir un rendement optimal. La chaleur intense, par exemple, réduit la capacité du cerveau à rafraîchir le corps, surcharge le cœur, les muscles et la peau et mène souvent très rapidement à l'épuisement et à la déshydratation.

« Votre corps ne peut réussir à faire précisément ce que vous lui demandez que lorsque vous êtes dans des conditions idéales, explique M. Neary. Autrement, votre performance sera compromise. » Heureusement pour les athlètes canadiens, ni la température, ni l'altitude n'entreront en ligne de compte aux Jeux.

Les travaux de M. Neary ont des retombées en dehors du domaine sportif. Ces nouvelles connaissances sont utiles pour les métiers de policier, de pompier et de mineur et pour d'autres métiers exigeants sur le plan physique, où la fatigue est souvent un facteur de risque.