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Les faux départs

Dans les minutes tendues qui précèdent le départ d'une course, alors que les coureurs se préparent à partir en trombe, une fraction de seconde peut faire la différence entre la victoire et l'élimination. Si un athlète quitte le bloc de départ avant le début officiel de la course, on suppose qu'il essaie de prendre une longueur d'avance sur ses concurrents, parce que l'on croit que les gens ne peuvent réagir aussi vite à un signal sonore. Cependant, les travaux de Tony Carlsen de l'Université d'Ottawa laissent à penser que le coupable probable d'une telle réaction est un cerveau hyperstimulé. Les résultats de ces travaux indiquent que les faux départs seraient plutôt dus à l'ultrapréparation et à l'attention aiguisée des athlètes qu'à des arrière-pensées de ce genre.

À l'aide de diverses méthodes de minutage et de divers stimulus, notamment la stimulation magnétique crânienne, l'équipe de M. Carlsen a été en mesure d'évaluer le comportement du cerveau avant le départ des coureurs. Les résultats indiquent que même le plus minuscule des stimulus peut déclencher une réaction, parce que le cerveau est prêt à indiquer au corps de passer à l'action. Le bruit d'un fusil, qui n'est habituellement pas présent pendant l'entraînement, peut déclencher une réaction involontaire chez un athlète à l'esprit aiguisé, qui littéralement sursaute et est projeté dans une action prématurée.

L'Association internationale des Fédérations d'athlétisme a décrété que le fait de réagir en moins de 100 millisecondes après le coup de fusil représente un faux départ. « Il y a des gens qui réagissent en 60 et en 70 millisecondes, explique M. Carlsen. Cela laisse à penser qu'une personne réagit sans le vouloir si elle est bien préparée. Un son fort peut vous faire craquer. »

Ces résultats pourraient améliorer les séances d'entraînement des athlètes et contribuer à modifier la règle des faux départs, mais les avantages ne s'arrêtent pas là. La stimulation cérébrale pourrait aussi aider d'autres personnes à réagir plus rapidement, par exemple les patients atteints de la maladie de Parkinson qui ont tendance à avoir des réactions plus lentes. Les essais ont montré que ces patients réagissent beaucoup plus rapidement après avoir reçu un stimulus acoustique qui les fait sursauter. Ces résultats pourraient mener à l'élaboration d'un remède pour la lenteur de réaction. Les athlètes ne seront peut-être pas les seuls gagnants à la suite de ces travaux.