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L’agriculture, la biodiversité et les animaux tués sur la route

En allant visiter ses parents à Merrickville, en Ontario, ville située à environ une heure de route d’Ottawa, Lenore Fahrig, professeure au Département de biologie de la Carleton University, a remarqué quelque chose d’étrange.

En faisant son trajet habituel le long de la rivière Rideau sur la route 16, plutôt achalandée, puis sur la route de comté 2, plutôt tranquille, elle a remarqué qu’il semblait y avoir plus de grenouilles et de crapauds morts sur la route moins passante.

« Je me suis demandé s’il y avait moins de grenouilles et de crapauds morts sur la 16 parce que, après avoir été écrasés pendant de nombreuses années, la taille de la population de grenouilles et de crapauds le long de la route avait diminué. J’ai pensé qu’il n’y en avait peut-être plus autant à cet endroit parce qu’on en avait tué un grand nombre au fil des ans », explique Mme Fahrig.

Cette réflexion a marqué le début du programme de recherche approfondie de Mme Fahrig. Ses travaux, qu’elle mène depuis une vingtaine d’années, sont axés sur l’effet des routes sur la faune, notamment les mammifères de toutes tailles, les grenouilles, les crapauds, les tortues et même les insectes.

Dans le cadre de ses travaux de recherche, Mme Fahrig a étudié comment les clôtures diminuent le taux de mortalité des amphibiens et des reptiles par rapport aux ponceaux, qui sont des tunnels creusés sous les routes. Mme Fahrig indique que les grenouilles doivent être dirigées vers le ponceau au moyen de clôtures de sorte qu’elles n’ont aucun autre choix que de traverser la route en empruntant le tuyau de ponceau.  

« Le déneigement des routes et la neige elle-même peuvent considérablement endommager les clôtures, ajoute Mme Fahrig. Ce qui veut dire qu’il faut continuellement les réparer ou les reconstruire, ce qui représente un investissement important. Au Canada, on gagnerait à trouver des moyens de réduire la mortalité des grenouilles sur les routes sans l’aide de clôtures. »

Dans cette perspective, Mme Fahrig voudrait étudier l’idée que les passages fauniques pourraient représenter une solution partielle pour les grenouilles. Ces passages pourraient remplacer les ponceaux installés sous les routes, explique-t-elle, et les animaux pourraient emprunter cette voie pour traverser la route plutôt que de s’engager sur la chaussée, ce qui éliminerait le recours aux clôtures.

De plus, dans le Geomatics and Landscape Ecology Laboratory de la Carleton University, elle a élargi ses activités de recherche et a tiré d’étonnantes conclusions au sujet de la superficie des terres cultivées et de leur effet sur la biodiversité.

Mme Fahrig croit que les petites terres agricoles favorisent la biodiversité parce qu’elles comportent plusieurs lisières. Ces lisières sont importantes pour préserver la biodiversité puisqu’elles offrent un habitat convenable entre les champs cultivés par les agriculteurs.

Mme Fahrig ajoute que la perte de la biodiversité est devenue un enjeu mondial majeur, et que de nombreuses personnes croient que la crise actuelle mènera à une extinction massive semblable aux extinctions massives qui ont eu lieu il y a des millions d’années.

Elle dit que la recherche menée dans son laboratoire est essentielle pour comprendre pourquoi le nombre d’espèces diminue et pour trouver des solutions.  

« J’espère que les résultats de mes travaux de recherche mèneront à des mesures concrètes de façon à limiter la perte de la biodiversité », dit Mme Fahrig.

This link will take you to another Web site Source: Carleton University (en anglais seulement)