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L’eau, source de vie

Des scientifiques de la nouvelle génération s’unissent pour changer les choses

L'étudiante diplômée de l'Université du Manitoba, Johanna Théroux, plaisante avec la travailleuse en santé publique Carmen Anderson et le guide Ken Budd, de Norway House, pendant qu'ils mélangent des produits chimiques de leur trousse à l'eau de la rivière.

« Nous avons eu beaucoup de chance de rencontrer les gens de la communauté qui nous ont incroyablement aidés, déclare Mme Théroux. Nous avons besoin de ces connaissances locales pour réussir à tout faire. »

Respecter le droit des humains d'avoir accès à de l'eau potable propre et à des processus d'élimination sécuritaire des eaux usées est un combat qui est engagé dans de nombreuses régions du monde – des pays en développement à Détroit, dont les habitants ont déposé une plainte devant les Nations Unies l'année dernière en raison de l'interruption de leur approvisionnement en eau. Au Canada, la salubrité de l'eau potable est problématique principalement chez les Premières Nations, puisque dans une collectivité autochtone sur cinq, l'eau du robinet n'est pas potable. Des milliers de maisons des Premières Nations ne sont même pas équipées de plomberie, principalement au Manitoba et dans le nord-ouest de l'Ontario. La modernisation de l'infrastructure d'approvisionnement en eau potable et d'élimination des eaux usées dans toutes les collectivités des Premières Nations en fonction des normes de sûreté pourrait coûter près de 5 milliards de dollars – à moins que des innovateurs tels que les étudiants en génie et en sciences du programme Le lien suivant vous amène à un autre site Web H2O (en anglais seulement) découvrent des méthodes plus efficaces.

Le programme de recherche et de formation H2O a attiré des étudiants autochtones qui souhaitaient travailler avec leur communauté et d'autres stagiaires tels que Mme Théroux qui sont conscients de l'importance d'acquérir des connaissances auprès des Premières Nations.

Les compétences sociales et les connaissances culturelles requises pour travailler efficacement avec les Premières Nations faisaient souvent défaut aux consultants en génie et en environnement de la génération précédente, mais le programme H2O vise à former un autre type de professionnels.

Le programme largement multidisciplinaire permet aux stagiaires de travailler avec des experts du droit, de l'économie et même de la psychologie liée aux problèmes d'eau potable, entre autres en collaborant à un projet connexe de sciences sociales dirigé par la professeure de droit Karen Busby. Mais ce sont les Cris qui ont contribué à la conception du projet de recherche réalisé par Mme Théroux dans le nord du Manitoba qui ont la plus grande influence sur sa formation.

« Ils ont été extraordinaires », déclare l'étudiante diplômée. C'est pourquoi elle conseille aux nouveaux stagiaires de passer du temps dans les communautés des Premières Nations où ils travaillent avant de commencer leurs travaux de recherche. Il est important d'établir diverses relations pour que le projet se déroule rondement, même si les membres de la bande ou du conseil changent.

Le conseiller de Norway House, Gilbert Fredette, a fait plus de huit heures de route au sud de Winnipeg pour présenter un exposé à la première conférence des étudiants du programme H20. Sa communauté est installée à l'embouchure de la rivière Nelson, où tous les polluants du lac Winnipeg se concentrent avant de se rendre à la baie d'Hudson.

« Je suis très reconnaissant de tout le travail qui est fait. Je veux seulement que tout le monde sache qu'à titre de leaders, nous appuyons les chercheurs qui diffusent cette information », d'ajouter M. Fredette.

Selon Mme Théroux, la qualité de l'eau de la rivière où Norway House puise son eau potable était convenable jusqu'en 2014, alors que le niveau de la rivière était élevé et que les barrages hydroélectriques étaient entièrement ouverts. Elle observera si l'eau devient plus obscure avec l'abaissement du niveau de l'eau et retracera la provenance des sédiments en suspension. Les communautés comptent sur les chercheurs universitaires indépendants pour obtenir des résultats impartiaux.

À quelques centaines de kilomètres à l'est de Norway House se trouve une communauté accessible seulement par avion, bateau ou route de glace. Un autre étudiant diplômé du programme H20 y étudie l'effet de l'élimination des eaux usées sur la qualité de l'eau potable. Ahmed Oyegunle a été déconcerté de découvrir que des gens vivent dans des conditions qui ressemblent davantage à celles de sa terre natale, le Nigéria. « C'est tellement décourageant de découvrir ces situations dans un pays prétendument développé », mentionne-t-il.

M. Oyegunle est enthousiasmé par ce qu'apporte le programme H20 à sa carrière naissante : il améliore ses compétences en communication; il lui donne accès à des ateliers spécialisés; et il l'incite à collaborer avec des personnes qui œuvrent dans de nombreuses disciplines et qui proviennent de milieux culturels très divers. « Le programme réunit des gens dans le but de régler un problème », précise-t-il.

Les résultats de chaque projet de recherche H20 peuvent donner l'impression de ne représenter qu'une goutte d'eau dans l'océan compte tenu de l'ampleur du problème, mais en raison du grand nombre de participants, les gouttes commencent à s'additionner de façon satisfaisante pour les étudiants. « Le fait d'entendre de nombreux Autochtones parler de leur expérience personnelle de leur approvisionnement local en eau (ou de leur manque d'approvisionnement)… me motive à travailler encore plus fort pour que davantage de collectivités du Manitoba aient accès à de l'eau propre », déclare l'étudiant diplômé en génie, Charles Goss.

La directrice du programme CREATE H2O, Annemieke Farenhorst, qui est professeure de science des sols à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université du Manitoba, est particulièrement enthousiasmée par des projets comme ceux‑là qui peuvent améliorer la santé dans les collectivités où l'approvisionnement en eau fait défaut.

« J'ai fait équipe avec le Centre de recherche sur les droits de la personne de l'Université afin de rédiger la demande de subvention initiale, parce que j'ai été bouleversée par les articles parus en 2010 sur les graves problèmes d'eau potable que vivent certaines communautés des Premières Nations du Manitoba », de poursuivre Mme Farenhorst. Le centre accueille maintenant le coordonnateur du programme H20.

Parmi les autres projets de recherche H2O, mentionnons la planification des bassins versants avant le développement industriel nordique, la prévention de la formation de dangereux sous‑produits du chlore et la mise à l'essai de meilleurs moyens de traiter les eaux usées dans les climats froids.

Source : Le lien suivant vous amène à un autre site Web Université du Manitoba (en anglais seulement)