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Mettre les virus à la porte en les affamant

La recherche révèle le moyen naturel qu’utilise le corps pour combattre les virus


Ragunath Singaravelu
Photo : Brittany St. Louis

Ragunath Singaravelu, doctorant à l’Université d’Ottawa, et John Pezacki, son directeur de recherche, ont acquis de nouvelles connaissances sur la réaction biologique de notre organisme aux attaques virales. Leur étude, qui a été publiée dans la revue This link will take you to another Web site Nature Chemical Biology (en anglais), révèle que le système immunitaire lance un processus à deux étapes pour protéger l’organisme contre les virus qui y font intrusion. Comme tous les hôtes qui essaient de se débarrasser d’invités indésirables, ne les laissez pas manger vos nachos!

MM. Pezacki et Singaravelu ont expliqué que tous les virus tirent des nutriments, par exemple des acides gras et du cholestérol, des cellules de l’organisme hôte en vue de se reproduire et de s’y propager en milliers de copies. Il existe un bon moyen de bloquer les virus – leur couper les vivres – et c’est exactement ce que l’organisme essaie de faire.

« Cette découverte ouvre un nouveau domaine de recherche », déclare M. Pezacki, dont le laboratoire étudie l’interaction entre les virus et les hôtes qu’ils infectent depuis plus de 15 ans. Son but est toujours de trouver des méthodes nouvelles et novatrices pour combattre les maladies.

L’équipe a découvert une étape du processus naturel qu’utilise l’organisme pour lutter contre les virus : le système immunitaire transforme une partie du cholestérol de la cellule en une molécule appelée 25-hydroxycholesterol (25-HC). Des travaux de recherche précédents avaient montré que cette molécule arrête la production de cholestérol et modifie les propriétés métaboliques. Cependant, le mécanisme exact responsable de cette réaction n’était pas bien connu. M. Singaravelu a découvert que la molécule 25-HC active un certain type de microARN, le miA-185, qui aide à empêcher la cellule hôte de produire des acides gras insaturés et du cholestérol – c’est-à-dire qui « enlève les nachos ».

Les microARN sont des acides nucléiques, des substances chimiques liées à l’ADN qui encode le développement de tous les organismes vivants, y compris nous, les humains. Ce n’est que récemment que les chercheurs ont commencé à explorer les divers rôles que joue chacun de nos microARN.

« Nous n’avons pas découvert ce microARN, mais un nouveau rôle qu’il joue dans notre corps », d’expliquer M. Singaravelu. C’est l’activation du miA-185 qui permet à notre organisme de se protéger avec succès contre les attaques virales.

M. Pezacki a parlé en termes très élogieux de M. Singaravelu et de sa découverte, ajoutant que « ce sont les étudiants diplômés qui sont les véritables innovateurs; ma tâche consiste à diriger leur énergie vers la résolution de problèmes et l’innovation ».

M. Singaravelu est titulaire d’une bourse d’études supérieures du Canada Vanier du CRSNG, alors que M. Pezacki détient une subvention à la découverte et participe au Programme de formation orientée vers la nouveauté, la collaboration et l’expérience en recherche.

M. Singaravelu a souligné que « la bourse Vanier lui a donné la liberté de rester au Canada et de se concentrer sur ses travaux ». Après avoir soutenu sa thèse de doctorat en mars 2016, il envisage de faire un stage postdoctoral à l’école de médecine de la University of Massachusetts. Il espère y acquérir l’expérience requise pour obtenir un poste de professeur lorsqu’il reviendra au Canada.