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Solutions de rechange pour des poulets sans antibiotiques

Des injections dans les œufs stimulent le système immunitaire des poussins


Thushari Gunawardana (gauche) and Kalhari Goonewardene (droite)
Photo : David Stobbe

Lorsque Thushari Gunawardana et Kalhari Goonewardene étudiaient à l’université au Sri Lanka, elles étaient loin de s’imaginer qu’elles se retrouveraient plus tard dans la même école vétérinaire au Canada.

Ces doctorantes travaillent maintenant ensemble à la University of Saskatchewan pour trouver des solutions qui remplaceraient les antibiotiques et empêcheraient les jeunes poulets de contracter des maladies bactériennes.

« Tout comme les bébés, les poulets peuvent contracter de nombreuses infections, particulièrement au cours de la première semaine de leur vie. C’est la période la plus cruciale de leur croissance », explique Mme Goonewardene.

Auparavant, les écloseries commerciales utilisaient des antibiotiques pour prévenir les maladies bactériennes chez les nouveau-nés. Mais en mai 2014, elles ont volontairement abandonné cette pratique pour limiter la présence d’antibiotiques dans la volaille et l’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques – un risque pour la santé humaine.

Au cours des 12 dernières années, le superviseur des étudiantes, Susantha Gomis, a élaboré une molécule d’ADN bactérienne non infectieuse synthétique pour stimuler le système immunitaire des poussins.

M. Gomis utilise cette molécule pour activer le système immunitaire des poussins et les protéger contre d’éventuelles infections. Contrairement aux vaccins, qui habituellement ne ciblent qu’une maladie, la molécule prépare les poulets à lutter contre une vaste gamme de bactéries.

Cette nouvelle technique devrait réduire considérablement les pertes économiques des producteurs. Comme le stress causé par les injections dans les œufs est minime pour les poussins, ceux-ci seront mieux armés pour combattre les infections dès qu’ils quitteront l’écloserie.

Cette molécule pourrait aussi aider l’industrie canadienne de la volaille à trouver des solutions de remplacement aux antibiotiques pour protéger la santé des poulets.

Actuellement, les étudiantes tentent d’accroître l’efficacité de la molécule et son absorption dans l’organisme des poussins. Pour ce faire, elles « enrobent » la molécule de particules microscopiques d’une épaisseur variant de 1 à 100 nanomètres.

Les étudiantes ont découvert que la molécule protège rapidement les poussins : le taux de survie de ceux qui avaient reçu cette injection atteint presque 80 % comparativement à 30 % pour ceux qui ne l’avaient pas reçue.

La molécule doit être injectée directement dans les œufs de poulet avant leur éclosion. Ces injections représentent une pratique vétérinaire peu coûteuse et bien connue, mais l’innovation est d’utiliser une molécule d’ADN en combinaison avec la nanotechnologie pour stimuler l’immunité.

L’équipe a déjà déposé un brevet pour cette nouvelle technique, et la prochaine étape consiste à réaliser un essai sur le terrain à grande échelle.

Les chercheuses essaient aussi une technique différente basée sur l’utilisation d’un aérosol qui permet aux poussins d’inspirer dans la molécule. Les résultats sont prometteurs. Diversification de l’économie de l’Ouest Canada investit dans son développement.

Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) a fourni du financement pour le projet. Mentionnons au nombre des partenaires le Conseil de recherches avicoles du Canada, les Chicken Farmers of Saskatchewan, l’Alberta Livestock and Meat Agency et l’Alberta Chicken Producers.

Mmes Gunawardana et Goonewardene forment une équipe gagnante au travail et dans leur vie quotidienne, s’aidant mutuellement à s’adapter aux défis d’une nouvelle culture.

« Nous nous sommes créé une famille loin de notre famille », déclare Mme Goonewardene.

Par Federica Giannelli
Federica Giannelli est une étudiante diplômée qui est stagiaire au bureau des profils et des retombées de la recherche de la University of Saskatchewan.

This link will take you to another Web site Cet article a d’abord fait partie de la série des jeunes innovateurs de 2015, une initiative du bureau des profils et des retombées de la recherche de la University of Saskatchewan réalisée en partenariat avec le Saskatoon StarPhoenix.