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Les changements climatiques troublent les eaux du bassin du Mackenzie

Des données exceptionnelles révèlent un afflux de carbone dans un réseau fluvial du nord sur une période de 39 ans


Les échantillons de Suzanne Tank.
Mention de source : John Ulan

Une étude récente réalisée à la University of Alberta révèle une augmentation de 39 % de la concentration de carbone organique dissous dans les eaux du fleuve Mackenzie se déversant dans l’océan Arctique, augmentation attribuable au dégel du pergélisol dans le nord circumpolaire.

« Lorsque j’ai fait les calculs, j’ai été étonnée de constater que la concentration avait augmenté de près de 40 % au cours des 40 dernières années, affirme l’auteure principale de l’étude, This link will take you to another Web site Suzanne Tank (en anglais), professeure adjointe et titulaire de la chaire de recherche Campus Alberta Innovates Program en santé des écosystèmes aquatiques établie au This link will take you to another Web site Département des sciences biologiques (en anglais) de la University of Alberta. Non seulement ces données peuvent nous indiquer ce qui se passe sur la terre ferme, mais elles sont aussi très importantes pour comprendre ce qui se passe dans l’océan. »

Il faudra des années, voire des millénaires pour que la plupart des molécules de carbone dissous transportées par le fleuve Mackenzie retournent dans l’atmosphère sous forme de dioxyde de carbone, ce qui risque d’avoir un effet sur l’acidité de l’océan et le fonctionnement écologique du réseau fluvial. « La composition chimique des matières qui aboutissent dans l’océan a un effet sur les organismes qui y vivent et la chaîne alimentaire. Comme le carbone organique est une importante source de nourriture des bactéries, il est possible que des changements dans la production bactérienne s’opèrent et que les organismes qui s’en nourrissent soient également touchés. »

Ce carbone provient de la couche supérieure du sol, qui est riche en matière organique en raison des plantes qui y croissent. Or, l’accélération du dégel du pergélisol a pour effet de mobiliser de plus en plus de molécules de carbone. Ce phénomène peut se produire lentement par le réchauffement graduel des sols ou rapidement par les glissements de terrain ou les effondrements. Ces perturbations peuvent entraîner le carbone dans les réseaux fluviaux.

« Nous savons que la profondeur de dégel est grande à plusieurs endroits dans l’Arctique et que les effondrements gagnent en ampleur, poursuit Mme Tank. Nous disposons de données fiables qui montrent que les changements climatiques et la dégradation du pergélisol sont responsables de la mobilisation carbone. »

Le bassin du fleuve Mackenzie, qui s’étend sur plus de 1,8 million de kilomètres carrés au nord-ouest du Canada, déverse chaque année quelque 300 trillions de litres d’eau dans l’océan Arctique.

L’étude s’appuie principalement sur un ensemble de données fiables obtenues d’Environnement Canada qui portent entre autres sur le débit (volume d’eau qui s’écoule) et la concentration (composition chimique de l’eau). Ces données ont été recueillies à plusieurs endroits dans le bassin du fleuve Mackenzie sur une période de plus de 40 ans, soit de 1972 à 2012.

« C’est exceptionnel de disposer de données ayant été recueillies sur plusieurs décennies sur un grand cours d’eau de l’Arctique, conclut Mme Tank. Cela témoigne véritablement de l’importance de ce type de cueillette de données à long terme. »

Source : This link will take you to another Web site University of Alberta (en anglais)