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Des fraises toute l’année?

Une étude démontre le potentiel d’un mélange de sciure et de tourbe comme substrat pour la culture hors-sol de la fraise


Mention de source : Carole Boily

Il y a 50 ans, la saison des fraises commençait à la mi-juin et se terminait quatre semaines plus tard. Grâce au développement de nouveaux cultivars et au perfectionnement des techniques de culture, on peut maintenant savourer des fraises locales jusqu’à la mi-octobre. La prochaine frontière pour les producteurs de fraises du Québec? La culture hors-sol, qui assurerait un approvisionnement local presque à longueur d’année. L’équipe du professeur Jean Caron de l'Université Laval vient de faire progresser les connaissances dans le domaine en publiant dans la revue Plos One une étude démontrant le potentiel d’un nouveau substrat pour ce type de culture.

Les producteurs de fraises qui pratiquent la culture hors-sol plantent leurs fraisiers dans des pots contenant autre chose que du sol minéral. « Ces substrats fournissent une structure physique à laquelle les racines peuvent s’ancrer et ils stockent l’eau et l’air dont les plantes ont besoin », explique M. Caron. Cette technique horticole permet d’optimiser l’apport en eau et en engrais, d’améliorer la production des fruits et de réduire le risque de maladies. Lorsque les pots sont placés dans des serres, des tunnels ou des mini tunnels, la saison de production peut être prolongée.

En Europe, cette technique horticole a beaucoup gagné en popularité au cours de la dernière décennie. « La plupart des producteurs européens utilisent un substrat à base de fibres de coco provenant de l’Asie du Sud-Est ou de l’Afrique de l’Ouest, souligne M. Caron. Les producteurs québécois, eux, utilisent un peu de tout comme substrat. Nous avons voulu savoir si un mélange que nous avons mis au point pour la culture de la tomate pouvait donner de bons résultats avec la fraise. »

Ce substrat, nommé PS25, est composé de 70 % de sciure d’épinette blanche et de 30 % de tourbe de sphaigne. Les tests menés par Claire Depardieu, Valérie Prémont, Carole Boily et M. Caron ont démontré que le PS25 était aussi efficace qu’un substrat de fibre de coco ou un substrat commercial composé d’écorce vieillie et de tourbe pour ce qui est de l’établissement des fraisiers et de la production des fruits.

Le Québec occupe le premier rang des provinces canadiennes au chapitre de la production de fraises. En raison de son climat, il est toutefois un petit joueur à l’échelle nord-américaine avec 3,5 % des ventes. La culture hors-sol semble la filière la plus prometteuse pour augmenter sa part du marché. « Le recours à un substrat qui valorise des ressources locales abondantes et qui coûte moins cher que la fibre de coco pourrait accroître les retombées de la culture hors-sol de la fraise sur l’économie québécoise », fait valoir M. Caron.

Source : This link will take you to another Web site Jean Hamann, Université Laval