Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
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La rétine : une fenêtre sur le cerveau

Melanie Campbell
Mention de source : Hilary Gauld Camilleri, One for the Wall

Melanie Campbell de la University of Waterloo espère transformer la façon de dépister la maladie d’Alzheimer. Combinant la physique et la biologie, elle a adopté une approche multidisciplinaire pour étudier cette maladie pour laquelle il n’existe actuellement aucun traitement et aucune méthode de diagnostic fiable et accessible à tous. La seule façon d’obtenir un diagnostic définitif de la maladie d’Alzheimer est d’examiner le tissu cérébral après le décès du patient; avant le décès, le diagnostic repose en grande partie sur les symptômes.

Dans le cadre de ses travaux, Mme Campbell utilise la rétine – un réseau de cellules neuronales situé à l’arrière de l’œil – comme substitut du cerveau. Au début de la maladie d’Alzheimer, la protéine bêta-amyloïde, qui se trouve naturellement en petite quantité dans le cerveau, forme des plaques. Mme Campbell a découvert que cette protéine se trouve aussi dans la rétine des patients atteints de la maladie; c’est le fondement de son projet actuel, dont le but est de trouver « une méthode optique non invasive pour mesurer la présence de l’amyloïde dans la rétine, ce qui serait un marqueur de la maladie d’Alzheimer ». Elle explique que même s’il est possible de détecter la présence et la densité de cette protéine dans le cerveau, il est difficile et coûteux de le faire avec les techniques actuelles telles que la tomographie par émission de positrons et les échantillons de liquide céphalo-rachidien.

« Il est très facile de faire l’imagerie de l’œil à l’aide de la lumière visible ou infrarouge, déclare Mme Campbell, comparativement aux méthodes d’imagerie destinées au cerveau. »

Cette technique d’imagerie, pour laquelle elle construira des prototypes d’instrument qui seront mis à l’essai, comporte un autre avantage : les optométristes et les ophtalmologues pourront collaborer avec les neurologues en leur envoyant les résultats du balayage oculaire. La chercheuse pense que l’importance de disposer d’un marqueur précoce, facilement accessible et moins coûteux ne doit pas être sous-estimée. Il faut souvent beaucoup de temps pour établir le diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Lorsque c’est fait, la maladie a beaucoup progressé, ce qui limite grandement les traitements possibles et leurs effets sur les symptômes des patients.

Mme Campbell espère que grâce à cette nouvelle technologie, les spécialistes pourront faire régulièrement des balayages pour détecter les dépôts d’amyloïde et les signes précurseurs, parce qu’un traitement optimal nécessite un dépistage précoce et la limitation des symptômes. Cet instrument comporte une gamme de possibilités intéressantes pour le traitement et la prévention de la maladie d’Alzheimer; il réduirait non seulement le coût des essais cliniques et des diagnostics, mais aussi les sous-diagnostics – qui sont courants – et permettrait aux patients de participer plus activement à leur plan de soins.

Mme Campbell, qui a commencé sa carrière en tant que physicienne spécialisée dans le domaine complexe de l’optique, explique que l’évolution de ses intérêts scientifiques a été naturelle. Ses premiers travaux, qui ont été réalisés à l’aide d’une subvention à la découverte du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, dépassaient les frontières habituelles des disciplines et préparaient le terrain pour ses futures études dans divers domaines d’application. « Ma carrière a progressé de la recherche fondamentale à la recherche appliquée », souligne la chercheuse, ajoutant que les subventions de projets de recherche concertée sur la santé lui ont permis de pleinement explorer la vaste portée de la science multidisciplinaire.

« L’idée de créer un instrument qui sera utile me passionne autant que mes travaux de recherche fondamentale, poursuit Mme Campbell. Je crois que toutes les activités de recherche sont importantes, tant la recherche fondamentale que la recherche appliquée. »

L’étude de l’imagerie de l’amyloïde réalisée par Mme Campbell a été This link will take you to another Web site présentée à l’Alzheimer’s Association International Conference de 2016 (en anglais).