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Lecture en haute altitude


Mention de source : Kait Mikes

La plupart des gens qui se rendent au mont Everest espèrent atteindre le sommet de la plus haute chaîne de montagnes de la planète. Olav Krigolson et Gordon Binsted avaient d’autres ambitions : mesurer les effets d’altitudes de plus en plus élevées sur le cerveau et étudier les changements de l’état cérébral pendant la méditation.

M. Krigolson, un neuroscientifique de la University of Victoria, s’est joint à son collègue Gordon Binsted de la University of British Columbia pour aller au Népal afin d’entreprendre un programme de recherche en deux parties. Ils devaient faire l’ascension de l’Everest en s’arrêtant périodiquement pour enregistrer l’électroencéphalogramme (EEG) ou les données sur les « ondes cérébrales » des membres de leur équipe de recherche. L’équipe a collecté des données à plusieurs altitudes différentes en choisissant Kathmandu comme point de référence pour la comparaison. Lobuche (16 210 pieds) et le camp de base du mont Everest (17 600 pieds), situés à une altitude représentant plus de cinq fois la hauteur de la Tour CN, ont été deux des points les plus élevés.

MM. Krigolson et Binsted s’intéressent tous deux beaucoup à la réaction du cerveau à l’altitude – particulièrement la fonction décisionnelle du cerveau – soutenant que plus l’on en sait au sujet du mal de l’altitude, qui peut être fatal pour les alpinistes, plus il est possible de le prévenir et de le traiter. Leur découverte est concluante : plus l’altitude est élevée, plus la capacité d’une personne à prendre des décisions est affaiblie. Les choses deviennent floues; habituellement, il faut beaucoup de temps pour accomplir des tâches simples et l’esprit devient confus. M. Krigolson se rappelle avoir eu du mal à brancher une clé USB dans un portable.

La deuxième partie du projet a été lancée lorsqu’un partenaire industriel – une entreprise qui fabrique une application de pleine conscience – a proposé aux chercheurs d’enregistrer les données de l’EEG de moines qui méditent dans des monastères situés dans divers villages sur la montagne. Il y a déjà eu des études sur la méditation, et les données de l’EEG de moines ont déjà été enregistrées pendant des séances de méditation, mais il s’agit de la première étude dont l’échantillon est si gros et qui est faite avec des moines sur place.

« Personne ne peut refuser une telle proposition », déclare M. Krigolson au sujet de la possibilité de travailler étroitement avec des moines dans l’Himalaya.

L’ampleur de ce projet est incomparable à celle des études antérieures. Il a été réalisé à l’aide du système d’EEG MUSE, qui est habituellement vendu comme un outil de méditation. Le système classique est utile pour une utilisation quotidienne, mais il fallait créer un logiciel complémentaire pour surveiller les lectures de l’EEG. Les systèmes utilisés dans les laboratoires de recherche ne sont pas portatifs, et ils ne sont pas pratiques : l’installation à elle seule peut prendre 45 minutes. Grâce à une subvention du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), des étudiants de premier cycle du laboratoire de M. Krigolson ont pu modifier le système. Le mince appareil utilisé par MM. Binsted et Krigolson, qui ressemble à un bandeau, peut produire des évaluations d’EEG en dix minutes.

En étudiant l’activité cérébrale de moines qui méditent, MM. Krigolson et Binsted espéraient mieux comprendre l’effet de la méditation sur le rendement cognitif. Ils sont rentrés au Canada avec des données concluantes. « La réponse neurale [des moines] aux stimuli était meilleure après la méditation, déclare M. Krigolson. Cela laisse à penser que le traitement cérébral est meilleur. »

« La méditation est une activité que les gens pratiquent volontairement pour changer le fonctionnement du cerveau », explique M. Binsted. Les chercheurs ont demandé aux moines de se reposer pendant sept minutes, puis de faire une méditation axée sur l’attention ciblée pendant sept minutes, puis une méditation axée sur la compassion pendant sept minutes. « Nous avons constaté une amélioration avec la méditation axée sur l’attention ciblée. »

Les chercheurs espèrent que les résultats qu’ils ont enregistrés mèneront à d’autres travaux de recherche sur la fonction cognitive et la méditation. Leurs résultats n’ont pas encore été publiés, mais ils voudraient réaliser d’autres études sur ce que M. Binsted appelle l’état d’« ouverture d’esprit » du cerveau qui se produit pendant la méditation. Ils espèrent trouver comment les gens atteignent cet état en réalisant des activités autres que la méditation – par exemple, des activités physiques extérieures telles que la randonnée pédestre ou la natation.

MM. Krigolson et Binsted ont reçu une subvention d’engagement partenarial, une subvention à la découverte et une subvention Connexion du CRSNG pour réaliser leurs travaux. Pour en savoir plus sur leur This link will take you to another Web site expédition sur l’Everest (en anglais seulement).