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La science derrière nos actions


Provenance des photos : Danny Abriel, Dalhousie University

Quels facteurs déterminent nos actions? Comment nous y prenons-nous pour enlever une casserole de la cuisinière sans nous brûler? Comment réagissons-nous lorsque le feu de circulation passe du jaune au rouge? Heather Neyedli, professeure adjointe de kinésiologie à la Dalhousie University et chercheuse principale au laboratoire du rendement cognitif et moteur, explore ce qu’elle appelle la prise de décision « visuomotrice », cherchant des réponses à ces questions.

Selon Mme Neyedli, une décision visuomotrice se définit comme suit : un mouvement pour lequel vous devez regarder ce qui se trouve dans l’environnement et choisir une action qui consiste habituellement à étendre le bras pour toucher ou saisir quelque chose. Ces décisions peuvent avoir de bons ou de mauvais résultats, par exemple se blesser ou renverser quelque chose est un mauvais résultat et réussir l’action est un bon résultat.

Dans le cadre de ses travaux, Mme Neyedli a conçu une expérience où le sujet doit cliquer sur des cibles changeantes à l’écran et où il gagne ou perd des points selon son rendement. Les participants sont motivés à obtenir des notes élevées, parce qu’à la fin de la séance, ils sont payés en fonction du nombre de points obtenus.

Mme Neyedli a observé une tendance : au début, le rendement des participants n’est pas optimal, mais il s’améliore avec la pratique et les commentaires. Elle a donc émis l’hypothèse que la formation et l’expérience ont un effet important sur le rendement optimal des actions.

Mais le facteur le plus important des décisions visuomotrices est peut-être l’instinct. Un grand nombre des actions que nous faisons dans notre vie quotidienne sont le produit de l’impulsion et d’une décision rapide. Les mouvements sont par nature instinctuels, et le cerveau doit souvent trouver comment faire une action en évitant un mauvais résultat, mais sans avoir le temps d’y réfléchir consciemment pendant qu’elle se déroule.

Mme Neyedli admet qu’il est difficile de faire une synthèse dans un milieu contrôlé pour trouver des réponses à des questions telles que « Comment prenons-nous des décisions rapides? » ou « Quel rôle joue l’attention? ». À l’aide de la théorie statistique du processus décisionnel, elle peut synthétiser de façon exacte les données qu’elle collecte et les utiliser pour mieux comprendre « les processus psychologiques sur lesquels reposent les décisions rapides ».

Toujours avide d’en apprendre davantage au sujet de la question complexe des décisions visuomotrices, Mme Neyedli observe que les participants à son exercice de simulation en laboratoire ont tendance à mieux réussir lorsque l’accent est mis sur la probabilité plutôt que sur la valeur. Cela est dû au fait que la probabilité est directement liée aux aspects spatiaux de la tâche – la taille de la cible ou la proximité des zones de pénalité, alors qu’il est démontré que les participants prennent plus de temps à s’ajuster à une tâche en se basant sur la valeur de la zone de pénalité, par exemple.

« Les mouvements sont conçus pour traiter les aspects spatiaux de la tâche, parce qu’ils existent dans l’espace et que nous devons tenir compte de la distance des objets, explique Mme Neyedli. À vrai dire, nous pourrions tenir compte simultanément d’un peu plus de facteurs. »

Dresser la liste des applications réelles et concrètes des découvertes de Mme Neyedli demanderait beaucoup de temps; ses travaux sont pertinents pour de nombreux domaines, de la conduite automobile à la guerre, où les personnes doivent prendre des décisions sous pression en une fraction de seconde en espérant obtenir de bons résultats, parce que les conséquences des mauvais résultats sont graves.

À l’avenir, Mme Neyedli espère relier ses travaux à ses questions originales globales et intégrer la théorie des décisions visuomotrices dans des milieux et des scénarios plus dynamiques. Elle espère aussi étudier comment les différences individuelles influent sur le rendement des sujets en fonction de facteurs tels que la propension aux comportements risqués, la motivation et la vision de la vie.

Les travaux de Mme Neyedli ont été financés par une subvention à la découverte du CRSNG. Plus d’information sur le This link will take you to another Web site Cognitive and Motor Performance Lab. (en anglais seulement).