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Sûr? Propre? Contaminé?

La chimie en libre-service donne des réponses rapides et exactes

M. Sam Mugo
Mention de source : Steven Stefaniuk, Grant MacEwan University

Lorsque Sam Mugo s’est rendu au Kenya il y a quelques mois, il n’a pu s’empêcher d’observer l’importante présence des téléphones cellulaires dans son pays d’origine.

« Même dans un village éloigné du Kenya, tout le monde a un téléphone cellulaire. Cette technologie a changé la façon dont les gens vivent et les a branchés au reste du monde d’une nouvelle façon », constate ce professeur agrégé de chimie de la MacEwan University.

M. Mugo espère exercer la même influence avec la chimie. Ses travaux consistent à miniaturiser le matériel chimique, afin qu’il soit économique, simple et facile à utiliser.

« De nos jours, l’analyse chimique demande beaucoup de temps, coute cher et est réalisée isolément – il faut envoyer les échantillons à un laboratoire où des experts utilisent des instruments très couteux pour faire des tests. Ces travaux visent à transformer cette science ésotérique qui n’est accessible qu’à ceux qui en ont les moyens en une science qui est accessible à tous ceux qui en ont besoin », explique M. Mugo.

Le but est d’offrir une technologie d’analyse chimique bon marché qui ne nécessite pas l’intervention d’un chimiste et qui peut être utilisée sur place, là où l’échantillon est prélevé. Les gens qui vivent dans des villages éloignés pourraient analyser leur eau potable pour savoir si elle est contaminée à la bactérie E. coli. Les organismes d’inspection des aliments pourraient réaliser des tests sur place pour détecter des maladies d’origine alimentaire, des pesticides ou des contaminants. Les policiers pourraient faire des tests en bordure de route pour savoir si le conducteur a consommé de la marijuana. Les possibilités sont infinies.

M. Mugo explique que tout a commencé à l’échelle microscopique avec des polymères sensibles – ou intelligents — qui se comportent comme un aimant : ils ne réagissent qu’à l’élément auquel ils sont attirés et ignorent tout le reste.

Les travaux du chercheur visant à identifier un polymère intelligent qui détecte les cannabinoïdes constituent un exemple particulièrement pertinent.

Aujourd’hui, pour dépister le THC (le cannabinoïde actif de la marijuana), il faut prélever un échantillon d’urine ou de salive, l’envoyer à un laboratoire où un chimiste utilise un système de chromatographie en phase gazeuse et de spectrométrie de masse — qui coute environ 100 000 $ —, puis attendre les résultats.

Comme M. Mugo a identifié un polymère intelligent pour les cannabinoïdes, il cherche maintenant des moyens de l’intégrer dans un dispositif bon marché qui peut communiquer les résultats à l’utilisateur à l’aide d’une gamme de moyens, comme un changement de couleur.

« Les matériaux que nous identifions peuvent être utilisés également dans d’autres applications — non seulement pour détecter un problème, mais aussi pour l’atténuer. La vie est basée sur les molécules, et la chimie est au cœur de ces processus — nous pouvons l’utiliser pour régler de vrais problèmes qui touchent tout le monde. Améliorer la vie – voici ce qui nous anime! », explique M. Mugo.

Au moins 30 étudiants de premier cycle contribueront aux travaux de M. Mugo grâce à une subvention à la découverte de 2016.

« Nous nous servons des ressources que nous offrent ces subventions pour former nos étudiants — et c’est l’aspect le plus épanouissant pour moi. C’est bien d’enseigner aux étudiants en leur apprenant ce qu’il y a dans les manuels, mais c’est encore mieux de leur donner la possibilité d’utiliser ce qu’ils ont appris pour régler un problème réel en élaborant et en fabricant des technologies. », déclare M. Mugo

L’article a été adapté avec la permission de la This link will take you to another Web site MacEwan University (en anglais seulement).

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