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Ancienne lauréate
Prix postdoctoral Howard-Alper du CRSNG de 2007

Julia Baum

Biologie

Dalhousie University


Julia Baum
Julia Baum

Il est généralement reconnu que la surexploitation et les changements climatiques agressent les écosystèmes océaniques du monde. Malgré tout, on connaît relativement peu les conséquences de ces changements anthropiques, et on ne sait pas si on peut remettre en état et stabiliser les milieux marins endommagés.

Heureusement, certains des mystères au sujet de la détérioration des écosystèmes océaniques pourraient bientôt être élucidés grâce à Julia Baum, lauréate d'un Prix postdoctoral Howard–Alper du CRSNG. Celle–ci détient actuellement une bourse postdoctorale à la célèbre Scripps Institution of Oceanography de San Diego, un centre de recherche de pointe en sciences marines. Elle mène actuellement une étude originale où elle compare les écosystèmes de récifs coralliens vierges à ceux de récifs similaires qui ont subi une détérioration de moyenne à grande en raison de l'activité humaine.

Mme Baum jouit déjà d'une réputation mondiale d'experte de premier plan du déclin des populations de l'un des superprédateurs océaniques, les emblématiques requins. Les travaux de recherche de maîtrise et de doctorat qu'elle a réalisés à la Dalhousie University à l'aide d'analyses exhaustives de gigantesques ensembles de données qui remontent aux années 1950 montrent que la population de certaines espèces de gros requins côtiers, notamment le requin-tigre, le requin-marteau halicorne et le requin-bouledogue, a chuté de plus de 95 p. 100 au cours des 50 dernières années.

Dans le cadre de ses travaux de recherche postdoctorale, Mme Baum prévoit déterminer si les requins, et d'autres prédateurs océaniques, contribuent véritablement à accroître la résistance et à faciliter le rétablissement des écosystèmes des récifs coralliens qui ont subi des perturbations. « Nous savons que les prédateurs peuvent jouer un rôle important dans les écosystèmes terrestres et près des côtes ayant un climat tempéré. Mais le rôle qu'ils jouent en ce qui a trait au corail demeure incertain », explique Mme Baum. Cela est dû notamment au fait que les superprédateurs ont disparu des récifs, parce qu'ils ont été surpêchés.

« Les écologistes spécialisés en récifs coralliens ont étudié tous ces écosystèmes "perturbés" pour tenter d'en comprendre le fonctionnement, mais cette méthode est imparfaite. C'est comme essayer d'étudier la forêt pluviale après l'avoir coupée. »

En étudiant les quelques milieux vierges qui restent, Mme Baum espère acquérir de nouvelles connaissances sur les caractéristiques précises que doivent avoir les récifs coralliens pour demeurer résistants. Une grande partie de ses travaux de recherche consistera à analyser les données du National Marine Fisheries Service installé à Hawaii. Cette équipe surveille les écosystèmes des récifs coralliens sur plus de 40 îles différentes de l'océan Pacifique équatorial.

Mme Baum fait aussi remarquer que l'élimination de prédateurs, par l'entremise des activités de pêche, constitue habituellement l'une des premières incidences de l'homme sur les récifs coralliens. Au fur et à mesure que des agents de stress comme la surpêche, les changements climatiques et l'acidification agissent sur les récifs coralliens au cours des années à venir, il sera essentiel de comprendre comment ces agents seront susceptibles de diminuer la capacité des écosystèmes de récifs coralliens de résister à de nouveaux agents. « Si les récifs où l'on trouve les superprédateurs sont plus résistants à de nouvelles perturbations, la conservation et la réintégration de ces mêmes superprédateurs constitueraient donc un argument puissant », ajoute-t-elle.