Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
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Ancienne lauréate
Prix d'études supérieures André-Hamer du CRSNG de 2004

Selena Smith

Au niveau du doctorat

University of Alberta


On pourrait dire de Selena Smith qu'elle est l'Indiana Jones du monde botanique.

Première étudiante au doctorat à remporter le Prix d'études supérieures André-Hamer du CRSNG, Mme Smith est paléobotaniste. À l'instar du célèbre archéologue du film, Mme Smith passe son temps plongée dans les mystères du passé. Mais contrairement à lui, elle est à l'affût de trésors moins concrets que des arches perdues ou des temples abandonnés.

Elle se spécialise dans les plantes, qui pourraient peut-être un jour aider à dater les sites archéologiques, voire livrer les secrets de son adaptation aux grands bouleversements climatiques que le monde a connus.

Maintenant candidate au doctorat à l'University of Alberta, à Edmonton, Mme Smith passe le plus clair de son temps à assembler des fragments de fleurs fossilisées ayant poussé dans le secteur de l'intérieur de la Colombie-Britannique 48 millions d'années auparavant. Plus précisément, ses travaux portent sur de rares monocotylédones – un type de plante à fleurs dont les embryons n'ont qu'une seule feuille séminale.

Mme Smith et ses coéquipiers travaillent sur des vestiges de végétaux fossilisés trouvés dans ce qu'on appelle le chert de Princeton. Cet affleurement mixte de gisement de houille et de quartz noir fin (chert) se trouve à huit kilomètres au sud de Princeton, en Colombie-Britannique, le long de la rive Est de la rivière Similkameen. Quantité de fruits, de semences et de fragments de végétaux ont été préservés anatomiquement dans le chert, ce qui donne à penser que la région fut autrefois un immense marécage.

Au laboratoire de paléobotanique d'Edmonton, Mme Smith découpe des échantillons provenant des tonnes de chert qu'elle et ses amis ont ramenées de Princeton. Elle dépouille ensuite la roche de la silice qui entoure la matière végétale organique avec de l'acide chlorhydrique. En ayant recours à l'exfoliation pour détacher la couche exposée, elle emballe les vestiges végétaux dans une sorte de feuille en plastique afin de les observer au microscope.

Avant de découper le chert, elle ne sait jamais quelle plante elle trouvera. « C'est tellement intéressant à voir, après avoir découpé une pierre et l'avoir attaquée à l'acide – c'est comme si tout un monde apparaissait », explique-t-elle.

Jusqu'à présent, Mme Smith a travaillé sur trois plantes différentes, qui sont peut-être les ancêtres de celles qu'on connaît aujourd'hui ou qui peuvent être des espèces qui n'ont jamais été découvertes. Comme nombre des fossiles sur lesquels elle travaille sont des plantes qui ont perdu leurs feuilles, leurs fleurs et leurs fruits, elle est passée maître dans l'art de résoudre des casse-tête. Elle assemble des tiges, des feuilles et des fleurs préservées à différents endroits dans le chert. L'important, c'est de s'assurer que les morceaux sont bien associés à la plante correspondante.

« Ce n'est pas si facile », avoue-t-elle en riant.

« L'ADN ne sert à rien, car les restes fossilisés sont trop anciens », explique-t-elle. Mme Smith doit puiser dans sa propre connaissance de l'anatomie végétale et souvent comparer les fossiles avec les plantes vivantes pour voir si elle peut établir un lien. C'est le genre de science fondamentale qui enrichit notre connaissance de l'évolution végétale.

« Nous essayons d'identifier les plantes de sorte que d'autres personnes puissent utiliser les données dans le cadre de l'étude du paléoclimat et de la biogéographie afin d'aider à dater d'autres sites », précise Mme Smith.

Souvent, les plantes ne sont pas appréciées à leur juste valeur, précise-t-elle, étant donné qu'elles nous fournissent tout, depuis l'essence que nous mettons dans nos voitures jusqu'à l'oxygène que nous respirons et le bois qui sert à la construction de nos maisons. Elle espère que son travail aidera à faire connaître le rôle que les plantes ont joué pendant des millions d'années et nous donnera des indices de leur évolution future.

« On leur doit tant, c'est génial de connaître leur évolution », mentionne-t-elle.

Le prix a été nommé en mémoire d'un jeune chercheur très prometteur qui travaillait avec M. Arthur McDonald, lauréat de la Médaille d'or Gerhard-Herzberg en sciences et en génie du Canada de 2003. M. McDonald, professeur et titulaire de la Chaire de recherche universitaire en physique de la Queen's University, a fait don de 100 000 $ du montant de la subvention associée à la Médaille Herzberg du CRSNG afin d'établir deux prix d'une valeur de 10 000 $ décernés annuellement aux meilleurs candidats aux concours de bourses aux niveaux de la maîtrise et du doctorat.