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Ancienne lauréate
Bourse commémorative E.W.R. Steacie de 2006

Gail Murphy

Informatique et science de l'information

The University of British Columbia


Gail Murphy
Gail Murphy

À l’instar des logiciels permettant d’exploiter les systèmes informatiques, les outils qu’utilisent les développeurs de logiciels pour créer ces séries complexes de codes électroniques sont devenus plus perfectionnés. En fait, les outils de dernière génération sont maintenant assez puissants pour garder la trace de leurs emplois, afin de montrer aux développeurs la meilleure manière de s’en servir par la suite.

Gail Murphy, professeure agrégée au Département d’informatique de l’University of British Columbia, fait figure de pionnière en ajoutant cette nouvelle dimension au processus d’élaboration et de révision de logiciels. Et ses travaux novateurs devraient être bien accueillis par tous ceux qui se trouvent aux prises avec une série confuse de codes dont l’utilité, les lacunes et l’objet même peuvent être une véritable énigme.

« On arrive souvent à un point où il faut comprendre un nouveau segment du code ou un segment élaboré par quelqu’un d’autre, explique-t-elle. Il faut alors fouiller pour trouver l’information, ce qui pose de grandes difficultés. »

Mme Murphy et ses collègues se sont attaqués à ce problème, auxquels se heurtent souvent les développeurs qui doivent exécuter des tâches de changement, c’est-à-dire la modification d’un logiciel dans le but d’éliminer un bogue ou d’ajouter une nouvelle fonction. Ces chercheurs utilisent des outils logiciels qui enregistrent le moment où ces modifications ont été apportées, et ce, afin qu’une autre personne puisse trouver des similitudes avec d’autres situations.

Ce type d’outils n’est pas nécessairement nouveau, mais l’équipe de Gail Murphy a réuni des dépôts de renseignements pour les mettre à la disposition des développeurs de logiciels, créant ainsi une base de données qui s’avère précieuse pour formuler des recommandations pratiques en vue d’accélérer et d’optimiser les tâches de changement.

À l’heure actuelle, ces recommandations sont fondées en grande partie sur des similitudes dans le texte, mais Mme Murphy aimerait améliorer considérablement cette capacité. À titre de boursière Steacie du CRSNG de 2006 (six Bourses commémoratives E.W.R. Steacie ont été accordées cette année), elle perfectionnera ces systèmes pour dégager des constantes afin que les logiciels puissent détecter la structure de l’activité menée par un développeur et l’appuyer de façon automatique.

« C’est l’ordinateur qui fait le travail », précise-t-elle, soulignant que le défi de cette approche consiste à en apprendre davantage sur la nature des constantes sous-jacentes. « Ce que je veux vraiment, c’est comprendre le mode d’utilisation de l’information et savoir si l’on peut en dégager des constantes réelles qui seraient utiles au moment de recommander de nouvelles données aux développeurs. »

Elle attribue le succès de ses travaux en grande partie à l’imagination et à l’énergie qu’y ont consacrées de nombreux étudiants. Leur camaraderie et leur dialogue animé pourraient sembler incompatibles avec l’image que se font bien des gens de la programmation informatique, souvent considérée comme une activité isolée et quelque peu antisociale, mais Gail Murphy affirme que c’est tout le contraire.

« En tant que professeurs, nous nous intéressons vraiment à l’élément humain. Nous aidons les gens à comprendre comment ils peuvent exploiter leurs idées pour faire des choses qui transformeront le monde », explique-t-elle.

Cette initiative s’applique aussi aux développeurs du secteur privé, dont une centaine ont accepté de participer à ses travaux de recherche en lui livrant des informations détaillées sur leurs propres tâches de changement. En échange, ils ont eu le privilège d’utiliser un outil logiciel qui devrait, selon de nombreux observateurs, remporter de prestigieux prix.

« C’est une technologie si fascinante qu’ils voulaient vraiment nous fournir leurs données pour être les premiers à l’utiliser », explique-t-elle, ajoutant que ce matériel est devenu une ressource extrêmement prisée. « Dans notre domaine, il est très rare que l’on dispose de preuves statistiques recueillies grâce à une étude sur le terrain. »

Les noms très éloquents que portent ces outils donnent une bonne idée de leur intérêt. Le premier, « Mylar », renvoie à la pellicule plastique utilisée comme filtre pour éviter de devenir aveugle lorsque l’on observe une éclipse solaire. Selon Mme Murphy, l’outil appelé Mylar empêche le programmeur d’être aveuglé en examinant l’énorme masse d’information affichée par l’environnement de développement en libre accès appelé « Eclipse ».

Un autre outil qu’utilise l’équipe de Mme Murphy est encore plus approprié. Il tire parti des étapes antérieures d’un projet de développement pour formuler des recommandations dans le présent. Cet outil se nomme « Hipikat », terme ouest-africain qui signifie « les yeux grands ouverts ».