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Ancienne lauréate
Bourse commémorative E.W.R. Steacie de 2003

Molly Shoichet

Génie chimique

University of Toronto


Molly Shoichet
Molly Shoichet

Une scientifique canadienne a franchi une étape modeste mais essentielle dans la recherche d'un moyen pour les cliniciens de réparer les lésions de la moelle épinière. Mme Molly Shoichet, professeure agrégée de génie chimique à la University of Toronto, et lauréate d'une Bourse commémorative E.W.R. Steacie du CRSNG de 2003, a découvert récemment les premières preuves indiquant qu'une fracture de la moelle épinière pouvait se consolider grâce à des cellules nerveuses du cerveau.

« Ce qu'il y a de particulièrement intéressant dans nos travaux, c'est que nous avons constaté que certaines des nouvelles cellules nerveuses ou des axones qui se développaient dans nos rats provenaient de leur cerveau. On sait qu'il est possible de faire croître du tissu, mais ce qui importe, c'est de faire croître le bon type de tissu. Et dans nos travaux, ce sont les cellules du cerveau qui régénèrent leurs axones », explique Mme Shoichet, au sujet des résultas de ses travaux qui n'ont pas encore été publiés.

Dans le cadre de cette expérience récente, des tubes sur mesure, conçus dans le laboratoire de la chercheuse, ont été insérés dans la moelle épinière de rats paraplégiques. On a injecté dans ces tubes des facteurs de croissance neurale. Cette combinaison a provoqué la croissance de nouveau tissu nerveux, et surtout, des tests ont démontré que ce nouveau tissu procurait certains avantages fonctionnels, bien que limités.

Mme Shoichet, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génie tissulaire à la University of Toronto, fait partie d'un groupe sélect de nouveaux scientifiques qui allient la chimie, la biologie et le génie afin de faire progresser les nouveaux domaines du génie tissulaire et de la médecine régénérative. Une spécialiste de la création et de la modification de polymères, la chercheuse axe ses travaux sur l'un des mystères les plus contrariants du génie tissulaire : la régénération de la moelle osseuse. Le tissu osseux, la peau et même les nerfs périphériques se régénèrent spontanément. Alors qu'est-ce qui empêche les nerfs de la moelle épinière de faire de même?

« Cette question est primordiale, dit-elle. Mon laboratoire aborde le problème du point de vue d'un ingénieur, plutôt que de celui d'un neurochirurgien ou d'un biologiste. Les ingénieurs sont formés pour résoudre des problèmes. L'ennui avec notre problème, c'est qu'il n'est pas clairement défini. Nous recherchons donc des solutions qui nous aideront à mieux le définir. »

Depuis 1995, ses recherches à l'University of Toronto ont permis d'explorer le problème de façon méthodique et de tracer la voie à suivre selon deux axes d'inspiration manifestement ingéniorale : les ponts et le matériel de télécommunication.

Mme Shoichet s'est servie de ses connaissances en science des matériaux pour concevoir de minuscules tubes spécialisés qui reproduisent la structure et la texture du tissu de la moelle épinière. Ces tubes servent de ponts sur lesquels les nerfs peuvent s'appuyer et se régénérer en en suivant l'orientation.

En collaborant avec des biologistes, la chercheuse a également contribué à définir plus clairement le rôle de ce qu'on pourrait appeler le « flair » moléculaire dans la croissance des nerfs rachidiens. Ses expériences ont révélé que la régénération des cellules nerveuses de la moelle épinière est en partie guidée par un gradient précis de concentration de diverses substances chimiques dans les tissus.

Les résultats obtenus récemment auprès de rats de laboratoire reposent sur une combinaison de ces deux méthodes.

À titre de boursière Steacie, Mme Shoichet poursuivra ses efforts en vue de mettre au point de nouveaux ponts biodégradables qui seront érodés par les cellules nerveuses à mesure que celles-ci entreprendront leur croissance. Son laboratoire étudie également une façon moins effractive de fournir un gradient constant de concentration d'un facteur de croissance neurale, au moyen d'un polymère injectable.

« Nous croyons être sur la bonne voie, mais il reste encore énormément à faire, déclare-t-elle. Mon but est de produire des résultats concrets et de mettre une stratégie thérapeutique au service des personnes souffrant d'un traumatisme rachidien. Toute amélioration serait la bienvenue, qu'il s'agisse de retrouver le contrôle de la vessie ou de réapprendre à marcher. Et si je ne crois pas que ce soit faisable, qui le croira? »