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Ancienne lauréate
Bourse commémorative E.W.R. Steacie de 2002

Elizabeth Cannon

Génie géomatique

University of Calgary


Atterrir sur un porte-avions est l'une des manœuvres de pilotage les plus difficiles et les plus risquées. Mais peut-être que, grâce à Elizabeth Cannon, les pilotes pourront poser leur appareil sur ces courtes pistes flottantes où la moindre erreur est fatale, sans même toucher leur manche à balai.

Ce professeur de génie géomatique de la University of Calgary est un éminent spécialiste de la recherche et du développement d'outils de navigation par satellites - y compris ceux qui permettent de repérer la position des avions. C'est un travail de niveau mondial qui a valu à Elizabeth Cannon une Bourse commémorative E.W.R. Steacie du CRSNG - l'une des distinctions canadiennes les plus prestigieuses en sciences et en génie.

En 1984, quand Mme Cannon a commencé à travailler au système mondial de localisationde positionnement global (GPS), le réseau actuel de 27 satellites, construit et exploité par l'armée américaine, ne comprenait alors qu'une demi-douzaine de satellites. En conséquence, on ne pouvait l'utiliser que quelques heures par jour lorssque quatre satellites se trouvaient en visibilité directe à partir d'un point particulier.

Mais pour Elizabeth Cannon qui venait d'obtenir son B.Sc. avec spécialisation en mathématiques, ces satellites de navigation en orbite à 20 000 kilomètres au-dessus de la Terre représentaient une nouvelle possibilité de l'ère spatiale - la capacité encore inégalée de déterminer notre position sur Terre, à partir de l'espace.

« Le GPS a totalement subjugué mon imagination. Je me suis dit que si je pouvais travailler dans ce domaine, sans connaître son incidence exacte sur la société, je savais qu'il serait important », affirme Mme Cannon qui est devenue, en 2001, la première lauréate du prix Johannes Kepler, le prix le plus prestigieux du monde dans le domaine des satellites de navigation.

La technologie GPS a tellement progressé que les explorateurs de fins de semaine peuvent trouver des modèles portables sur les étagères de leur magasin d'électronique local et les acheter pour quelques centaines de dollars.

L'énorme vulgarisation des applications du GPS est largement due au travail de recherche et développement de Mme Cannon et de ses collègues : plus de 40 000 organismes du monde entier ont acquis une licence ou sous-licence d'utilisation de leurs cinq progiciels reliés au GPS. Leurs nombreuses applications vont de la mise au point de colliers de repérage des animaux sauvages à l'utilisation d'un logiciel GPS qui remplace rapidement celle des gyroscopes sur les navires pour la mise au point de lancement.

Si l'on se fie aux recherches actuelles de Mme Cannon, la voiture qui est aujourd'hui garée devant chez vous pourrait un jour être guidée par un GPS.

« L'un des réels défis provient du fait que le système mondial de localisation-positionnement global fonctionne en visibilité directe. C'est pourquoi il est difficile de l'utiliser en zone urbaine. La question est donc de savoir comment réduire ce problème en l'intégrant le GPS à d'autres systèmes », dit-elle.

En collaboration avec la Société Daimler-Chrysler, Mme Cannon explore les possibilités de combiner le GPS à des systèmes inertiels de navigation existants et commercialement disponibles, des détecteurs placés à l'intérieur d'un véhicule qui enregistrent l'accélération et la direction. Ses travaux portent tout particulièrement sur le développement d'algorithmes et de modèles d'erreurs qui fourniront les meilleures solutions mathématiques permettant de fusionner les deux différents types d'information fournis par le GPS et le système inertiel.

« Nous voulons mettre au point un système installé surdans une voiture qui permettrait de toujours repérer avec exactitude la position du véhicule au centimètre près et en temps réel », de déclarer Elizabeth Cannon, qui vient de terminer son quinquennat à titre de titulaire de la chaire CRSNG-PETRO-CANADA pour les femmes en sciences et génie (Région des Prairies).

Bien que nous n'ayons pas besoin d'un système de repérage d'une telle précision pour aller au magasin du coin, c'est le genre de technologie qui nous ouvre le monde du possible, dont par exemple la conduite autonome.

« L'exactitude a quelque chose de grisant », remarque Mme Cannon. « Elle fait rêver les gens qui imaginent tout ce qu'ils pourraient réaliser. »

Les gens. La découverte. L'innovation.