Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
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Ancienne lauréate
Bourse commémorative E.W.R. Steacie de 2001

Sarah Otto

Biologie

The University of British Columbia


Sarah Otto
Sarah Otto

Sarah Otto se souvient avec précision de son initiation aux défis complexes que soulève la théorie de la génétique évolutionniste fondée sur les mathématiques. L'objet de cette théorie? La crevette des salines, fascinante créature à trois sexes. En étudiant le petit crustacé Eulimnadia, qui possède deux types de femelles hermaphrodites, Sarah Otto, alors étudiante au premier cycle à l'Université Stanford, s'est demandée comment les mâles de cette espèce pouvaient bien survivre au sein d'un tel ménage à trois...

« Je me sentais tout à fait dans mon élément, déclare cette théoricienne à l'esprit pratique qui insiste pour se faire appeler Sally. J'adore combiner les mathématiques et la biologie et aborder les questions relatives à l'évolution sous un angle général. »

Mue par sa passion pour la génétique évolutionniste, elle a mené des recherches innovatrices pendant toute une décennie, travaux pour lesquels elle a obtenu récemment une Bourse commémorative E.W.R. Steacie 2001, octroyée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie – l'une des distinctions honorifiques en sciences et en génie les plus prestigieuses décernées au Canada.

Cette professeure agrégée de l'Université de la Colombie-Britannique s'est attaquée à certaines des questions les plus épineuses touchant la biologie évolutionniste, dont les raisons mêmes de l'existence du sexe. En cours de route, elle a prouvé ou réfuté, à l'aide des mathématiques, des croyances de longue date en matière d'évolution.

Sa validation mathématique de l'hypothèse Fisher-Muller, qu'elle a formulée en 1997, témoigne de son goût pour les défis intellectuels. Cette hypothèse tente d'expliquer les avantages du sexe pour l'évolution, ainsi que la recombinaison des gènes dans la création du sperme et des oufs.

Même si l'hypothèse a été avancée dans les années 30, la professeure Otto a été la première à recourir à des formules mathématiques rigoureuses pour en démontrer la validité. Le sexe et la recombinaison génétique présentent des avantages pour les membres d'une population, car ils augmentent les possibilités qu'un individu hérite de mutations génétiques bénéfiques.

Dans ses travaux de recherche actuels, Sarah Otto examine une vaste gamme de questions théoriques portant sur l'évolution des génomes, lesquels forment le matériel génétique d'un organisme. Au nombre de ses interrogations : Pourquoi le nombre de chromosomes diffère-t-il selon les espèces d'animaux et de plantes? Quels sont les effets, sur le rythme d'évolution d'une espèce animale, des changements dans l'effectif de sa population causés par l'activité humaine? Pour déterminer les moyens les plus efficaces de préserver les espèces menacées, il faut absolument répondre à cette dernière question.

Selon la scientifique, qui a passé les premières années de sa vie au Pérou et dans différents États américains, et qui est devenue citoyenne canadienne en juillet dernier, l'Université de la Colombie-Britannique lui offre un cadre de haute qualité pour ses recherches, lui permettant ainsi de nourrir son esprit polyvalent.

« Si l'Université de la Colombie-Britannique s'est avérée un environnement aussi productif pour moi, c'est que nous disposons ici d'une communauté de biologistes évolutionnistes tout simplement merveilleux, qui étudient une foule de sujets, allant des poissons aux arbres en passant par les bactéries et les mathématiques, ajoute-t-elle. Les Canadiens devraient s'enorgueillir de posséder l'un des meilleurs bassins de biologistes évolutionnistes du monde. »