Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
Symbol of the Government of Canada

Liens de la barre de menu commune

Ancien lauréat
Bourse commémorative E.W.R. Steacie de 1997

Andrew Weaver

Sciences de la Terre et des océans

University of Victoria


Pour la plupart d'entre nous, climat est synonyme d'atmosphère. Le professeur Weaver voit différemment le climat - il l'étudie à partir des océans. Professeur d'océanographie à l'Université de Victoria, Andrew Weaver est réputé dans le monde entier pour ses travaux en modélisation climatique, plus particulièrement pour le développement et l'utilisation de modèles de couplage océan-atmosphère. Ses réalisations lui ont récemment mérité une importante distinction canadienne en sciences et en génie - une Bourse Steacie, décernée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie.

« J'utilise ces modèles afin de comprendre le rôle des océans dans le changement climatique, explique Andrew Weaver. Je suis notamment intéressé par la façon dont les mécanismes de variabilité dans les océans influent sur la variabilité naturelle du climat. Si nous sommes incapables de comprendre cette variabilité naturelle, nous ne pourrons pas déceler les signes de réchauffement planétaire à la simple analyse des données  ».

Il est donc essentiel de disposer d'un bon modèle du système océan-atmosphère pour comprendre et prévoir les changements climatiques. Un aspect important des travaux de recherche d'Andrew Weaver consiste à appliquer ces modèles à rebours, afin de voir dans quelle mesure ils corroborent les données recueillies sur le climat passé. Par exemple, son groupe a étudié la transition de la dernière grande période glaciaire, il y a quelque 18 000 ans, au climat actuel. Il y a environ 11 000 ans, l'hémisphère nord a retrouvé soudainement des conditions quasi glaciaires pendant environ mille ans.

Comment cela s'est-il produit ? Selon le professeur Weaver, à mesure que les couches de glace fondaient, l'eau fraîche s'écoulait dans l'océan Atlantique, ce qui éliminait la circulation thermohaline dans l'Atlantique Nord, c'est-à-dire les grands courants océaniques qui transportent la chaleur du sud au nord. Par conséquent, le nord s'est de nouveau refroidi.

« Un des aspects les plus remarquables des données climatologiques passées, c'est qu'elles prouvent que le climat peut changer abruptement, ajoute le professeur Weaver. Le refroidissement soudain du climat il y a 11 000 ans s'est produit en quelques décennies seulement. »

Des événements similaires pourraient-ils de nouveau survenir ? Le réchauffement planétaire pourrait avoir comme effet d'accroître l'évaporation aux basses latitudes, et d'augmenter les précipitations aux latitudes plus septentrionales. Il pourrait donc s'ensuivre un écoulement d'eau fraîche plus grand dans l'Atlantique Nord, ce qui, paradoxalement, entraînerait initialement un refroidissement localisé dans cette région.

Environ la moitié des travaux de recherche du professeur Weaver consistent à faire fonctionner les modèles sur ordinateur, et l'autre moitié à les améliorer. « Ce qui me passionne, c'est de faire exécuter les modèles moi-même... de mettre la main à la pâte, en quelque sorte, ajoute-t-il. J'adore l'incertitude. Pour un chercheur, la meilleure chose qui puisse arriver, c'est que l'expérience ne fonctionne pas comme prévu. Car c'est alors que l'on trouve des choses vraiment intéressantes. »