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Ancien lauréat
Bourse commémorative E.W.R. Steacie de 1996

Jed Harrison

Chimie

University of Alberta


« Nous ferons juste quelques tests », vous dit le médecin. Ces tests en eux-mêmes ne vous angoissent peut-être pas, mais le fait d'attendre les résultats de leur analyse en laboratoire est bien souvent une source de préoccupation. Imaginez si ces analyses, qui sont habituellement conduites dans un laboratoire complet, pouvaient être effectuées en quelques secondes sur un comptoir dans le bureau du médecin. Impossible?

Pas si impossible que cela paraît, selon Jed Harrison, professeur de chimie à l'Université de l'Alberta, et chef de file dans le développement de systèmes d'analyse miniatures. Nous faisons appel aux techniques de micro-usinage pour fabriquer de minuscules structures tridimensionnelles qui peuvent effectuer des analyses chimiques sur une pièce de silicone de quelques centimètres carrés. On appelle ça une « puce-laboratoire. »

« Nos laboratoires ainsi que d'autres à l'étranger ont démontré que ces puces permettent d'effectuer des réactions chimiques et des séparations de façon très efficace, explique le professeur Harrison. Nous commençons tout juste à appliquer ces dispositifs à des échantillons réels. »

Cette nouvelle technologie trouve de nombreuses applications : tests immunologiques pour la détection d'hormones ou de substances psychoactives, diagnostics d'ADN, analyse de la contamination des sols et de l'eau, et détection d'armes biologiques dans les zones de combat. La taille réduite de ces dispositifs facilite le transport des trousses d'analyse, un avantage crucial pour les applications militaires et environnementales. En outre, les analyses chimiques peuvent s'effectuer en quelques secondes seulement, ce qui élimine pratiquement toute attente des résultats. L'échantillon analysé par la puce-laboratoire est également d'une taille infinitésimale -- environ un milliardième d'un millilitre, une « pointe d'épingle  » pour les profanes.

L'aspect le plus fascinant de ces dispositifs est leur capacité de détection, qui permet de déceler des concentrations picomolaires -- c'est-à-dire aussi infimes qu'un cachet d'aspirine dissous dans l'équivalent d'eau contenu dans douze piscines olympiques. « C'est le genre d'appareil qui émerveille les gens et qui m'émerveille moi aussi, ajoute Jed Harrison. Un nouveau domaine s'ouvre à nous. Repousser les frontières de la miniaturisation, de la vitesse et de la détection est un travail fascinant, un travail qui me passionne. »