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Gel autoréparateur


Des chercheurs de la McMaster University ont créé un gel novateur entièrement composé de virus antibactériens.

Ce gel antibactérien, qui peut cibler son attaque pour ne viser que certaines formes de bactéries, promet d’avoir de nombreuses applications utiles en médecine et en protection de l’environnement.

Selon l’ingénieure chimiste Zeinab Hosseini-Doust, ce gel peut être utilisé à de multiples fins, par exemple comme revêtement antibactérien pour les implants et les articulations artificielles ou support stérile pour la culture de tissus humains ou encore dans le cadre d’activités de dépollution.

Dans son laboratoire, qui se spécialise dans la mise au point de solutions techniques pour combattre les maladies infectieuses, elle et son équipe cultivent, extraient et regroupent une multitude de virus – appelés bactériophages ou simplement phages. Du simple fait qu’ils sont si nombreux, les virus s’assemblent spontanément en cristaux liquides et forment, avec l’aide d’un liant chimique, une substance gélatineuse qui s’autorépare lorsqu’elle est coupée.

Un seul millilitre de ce gel antibactérien jaune, qui a l’apparence du « Jello », contient 300 billions de phages, les organismes les plus nombreux sur Terre dont le nombre dépasse celui de tous les autres organismes réunis, y compris les bactéries.

« Les phages sont partout, même à l’intérieur de notre corps, souligne Mme Hosseini-Doust. Ce sont les prédateurs naturels des bactéries. Partout où il y a des bactéries, il y a aussi des phages. Ce qui est unique ici, c’est la concentration que nous avons pu obtenir en laboratoire pour créer un matériau solide. »

La recherche sur les phages est un domaine qui connait une croissance rapide, en raison notamment de la menace grandissante que représente la résistance aux antimicrobiens.

« Il nous faut de nouveaux moyens de tuer les bactéries, et les bactériophages comptent parmi les solutions les plus prometteuses, explique Lei Tian, un doctorant qui travaille dans le laboratoire de Mme Hosseini-Doust et qui est coauteur de l’article publié dans la revue Chemistry of Materials qui décrit ces travaux de recherche. Les phages peuvent tuer les bactéries qui résistent aux antibiotiques. »

Mme Hosseini-Doust précise que l’ADN des phages peut facilement être modifié pour cibler des cellules spécifiques, comme les cellules cancéreuses. Grâce à la technique d’exposition sur phages, qui a valu un prix Nobel à ses créateurs, il est même possible de trouver des phages qui ciblent les plastiques et les polluants dans l’environnement.

Mme Hosseini-Doust pense qu’outre la lutte contre les maladies, la capacité de donner aux phages une forme solide ouvre de nouveaux horizons.

Cet article a été traduit et republié avec la permission de la This link will take you to another Web site McMaster University.