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Le pouvoir des anticorps : déterminer l’immunité à la COVID-19 grâce aux analyses sanguines


(Source d’image: The University of Waterloo)

Quand les laboratoires de recherche de la University of Waterloo ont fermé leurs portes en raison du confinement, le professeur de biologie Brian Dixon a réorienté une partie de sa recherche axée sur l’analyse du sang des poissons pour se concentrer sur l’analyse du sang humain. Au lieu d’attendre passivement la réouverture de son laboratoire, M. Dixon a voulu participer à l’effort mondial visant à comprendre et à freiner la pandémie de COVID-19 en mettant à profit son temps et ses connaissances en biologie et en immunologie.

« Il se trouve que nous faisons beaucoup de tests sur les poissons dans mon laboratoire. Ce sont tous des tests sanguins; nous cherchons des molécules dans le sang, explique le professeur Dixon. Nous nous sommes donc dit qu’il serait très facile pour nous de passer au dépistage de la COVID-19. »

M. Dixon et l’équipe de son laboratoire explorent des façons d’analyser les prélèvements sanguins pour détecter les marqueurs d’anticorps, qui indiquent si une personne a déjà été exposée à la COVID-19. La recherche d’anticorps revêt de plus en plus d’importance à mesure que les restrictions relatives au confinement s’assouplissent, car elle permet de détecter l’immunité d’une personne à la COVID-19 et donne une idée de la durée de cette immunité, indiquant ainsi qui est le plus à risque de contracter la maladie.

Brian Dixon poursuit en expliquant que lorsque l’organisme est infecté par un virus, le système immunitaire produit des molécules connues sous le nom d’« anticorps ».

« Les anticorps fonctionnent comme une clé et une serrure, car chaque anticorps que fabrique notre corps cible un virus précis — comme le SRAS-CoV-2, à l’origine de la COVID‑19 — et s’y attache, précise-t-il. Une fois fabriqués, ces anticorps demeurent ensuite présents dans notre sang, prêts à détecter et à neutraliser le virus ultérieurement. »

En mettant au point un test de détection des anticorps propres à la COVID-19, les chercheurs peuvent repérer les personnes qui ont déjà été exposées au virus et qui sont susceptibles d’être mieux immunisées.

Les virus à l’origine d’infections, y compris la COVID‑19, produisent deux types différents d’anticorps — le premier environ quatre jours après l’infection initiale et le second, environ 14 jours plus tard. En identifiant les anticorps qu’une personne produit, on peut déterminer à quand remonte l’infection à coronavirus (COVID‑19) et si la personne est immunisée parce qu’elle a déjà été exposée au virus.

Travaillant en collaboration avec Marc Aucoin, de la Faculté de génie, M. Dixon utilise un test biochimique standard, l’essai d’immuno-absorption enzymatique (ELISA), qui peut détecter les deux types d’anticorps. Il utilise ce test pour déterminer combien de temps les anticorps sont présents dans notre organisme et jusqu’à quel point les échantillons de sang peuvent être dilués et encore permettre la détection fiable des anticorps.

« Les résultats des premiers échantillons que nous avons analysés correspondaient parfaitement à l’état connu des patients infectés à la COVID-19, entre autres la faible présence d’anticorps chez les patients qui n’avaient pas de symptôme grave et sans équivoque de la maladie, précise-t-il. Par conséquent, nous sommes confiants que le test de détection d’anticorps peut déterminer avec précision la présence et la force de la réponse anticorps d’un patient. »

Par ailleurs, MM. Dixon et Aucoin ont l’intention d’élargir la recherche afin d’examiner comment les mutations du virus pourraient modifier la réaction immunitaire de l’organisme et s’il existe une corrélation entre la quantité d’anticorps qu’un individu fabrique et sa réaction à la COVID-19. Les deux chercheurs entendent également se pencher sur la stimulation de la production d’anticorps à partir de virus artificiels qui ressemblent au virus SRAS-CoV-2, mais qui ne peuvent se reproduire. On pourrait par la suite les utiliser dans le développement d’un éventuel vaccin.

Le présent article a été traduit et publié avec la permission de la Le lien suivant vous amène à un autre site Web University of Waterloo.