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La pensée catastrophiste peut accroitre la douleur, selon des mesures cardiovasculaires réalisées à l’Université Concordia

(Source d’image : Geoffrey Dover)

La capacité à composer avec la douleur varie selon chaque personne. Ce qui est quelque peu douloureux pour certains peut être agonisant pour d’autres, même si la cause du malaise est la même.

Il s’agit du sujet d’un nouvel article publié par une équipe de recherche de Concordia dans la revue This link will take you to another Web site Applied Psychophysiology and Biofeedback. L’article examine le degré de douleur ressentie par des personnes qui ont immergé leur main dans de l’eau glacée ainsi que la relation entre la douleur éprouvée, la fréquence cardiaque et la pression artérielle.

L’équipe de recherche a observé que les participants à l’étude qui avaient une pensée catastrophiste – un penchant négatif qui les tourne vers la douleur et une tendance à amplifier la sensation de douleur – ont signalé des degrés de douleur plus élevés que les autres. Les mesures cardiovasculaires ont aussi révélé des changements plus prononcés chez ces personnes que chez les autres, même si la température de l’eau était la même pour tous les participants dans le cadre de l’étude.

« Les personnes qui ont une pensée catastrophiste à l’égard de la douleur éprouvaient une réponse physiologique à la douleur, même si le stimulus était le même pour tous les participants », explique Geoffrey Dover, professeur agrégé au Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée et responsable de la rédaction de l’article. 

« Nous avons observé que la pensée catastrophiste avait une incidence sur le degré de douleur éprouvée, non seulement en termes de perception de la douleur, mais aussi sur le plan physiologique » ajoute M. Dover.

L’équipe de recherche a effectué des épreuves au froid individuelles avec 24 personnes en bonne santé. La méthode d’essai était uniforme pour tous les participants, y compris en ce qui concerne la température de l’eau glacée utilisée. Au cours du test, les participants ont situé leur degré de douleur sur une échelle de 0 à 10 pendant que leurs mesures cardiovasculaires étaient surveillées en continu par une analyse du pouls pris au doigt.

Le jour du test, les participants sont arrivés 45 minutes avant le début de l’épreuve dans la salle de consultation, où on leur a installé un capteur au doigt afin de prendre des mesures cardiovasculaires de référence. Ils ont ensuite rempli une échelle de douleur liée à la pensée catastrophiste. L’échelle comprenait une autoévaluation de 13 questions regroupées en trois sous-échelles : la rumination, qui évalue le degré d’inquiétude qu’une douleur potentielle suscite chez un individu; l’amplification, qui décrit l’exagération de la gravité d’une situation douloureuse; et le sentiment d’impuissance, qui mesure le sentiment d’incapacité à gérer une situation douloureuse. Les réponses ont aidé l’équipe de recherche à déterminer la mesure dans laquelle la pensée catastrophiste en lien avec la douleur était ancrée chez chaque personne. L’équipe a aussi effectué deux essais normalisés afin de mesurer le degré d’anxiété chez chacune d'entre elles.

Le bassin d’eau a été placé dans la salle de consultation deux minutes avant le test. (Les données cardiovasculaires recueillies pendant cette période ont été écartées en raison de l’augmentation du degré d’anxiété et d’appréhension.) Les participants ont plongé leur main dans l’eau pendant trois minutes, puis l’ont enveloppée dans une serviette et sont restés assis calmement pendant 10 minutes. Quand leur main avait repris une couleur normale et qu’ils ne ressentaient plus de douleur résiduelle, les participants pouvaient repartir.

« Nous avons observé que la pensée catastrophiste avait une incidence sur le degré de douleur éprouvée, non seulement en termes de perception de la douleur, mais aussi sur le plan physiologique », explique M. Dover. « C’est une chose d’entendre une personne dire qu’elle ressent beaucoup de douleur, mais quand on observe un changement considérable dans sa fréquence cardiaque et sa pression artérielle, on peut conclure qu’elle éprouve réellement une plus grande douleur. »

Selon l’équipe de recherche, cette nouvelle découverte permet de mieux comprendre la psychologie de la réponse à la douleur. Elle pourrait être utile dans certains domaines, comme la médecine dentaire, pour créer des profils des patients devant subir des interventions complexes, comme un traitement de canal.

Gabriel Kakon (M. Sc. 2019) et Amir-Arshiya Kaffash Mohamadi sont les auteurs principaux de l’étude. Natalie Levtova, Meagane Maurice-Ventouris, Emilie-Anne Benoit, Florian Chouchou et Peter Darlington, professeur agrégé en santé, kinésiologie et physiologie appliquée, sont les coauteurs.

L’étude a été partiellement financée par une subvention à la découverte du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

Le présent article a été adapté avec l’autorisation de This link will take you to another Web site l’Université Concordia.