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Étanchéité des bâtiments : Le BETAC prêt à répondre à la demande croissante de tests d’infiltrométrie

(Source d’image : Red River College Polytechnic)

Le Centre d’accès aux technologies de l’efficacité du bâtiment (BETAC) du Red River College Polytechnic nous offre une bouffée d’air frais. À l’aide de ventilateurs puissants et d’un équipement spécialisé, l’équipe de recherche pressurise et dépressurise les bâtiments de toute taille pour déceler les exfiltrations et infiltrations d’air et aider les constructeurs, les spécialistes de l’ingénierie et les propriétaires à répondre aux normes de plus en plus strictes d’efficacité énergétique.

« Nous sommes impatients de jouer un rôle plus important auprès de la collectivité en contribuant à la construction de bâtiments plus durables, d’autant plus qu’on accorde de plus en plus d’importance à l’efficacité énergétique », déclare Rob Spewak, directeur du développement du BETAC.

À Winnipeg, où la proportion d’édifices historiques est relativement élevée, il devient véritablement urgent d’améliorer l’efficacité énergétique du parc immobilier. En septembre 2021, le BETAC a notamment réalisé un test d’infiltrométrie à l’école secondaire Gordon Bell, dont les murs et les systèmes mécaniques datent de plus de 50 ans. Les résultats permettront à l’école de déterminer les mesures les plus rentables à prendre lors de futures rénovations pour réduire sa consommation d’énergie.

Chris Buzunis, l’ingénieur principal en énergétique de la province du Manitoba et gestionnaire du projet d’amélioration énergétique de l’école Gordon Bell, assure que les tests d’infiltrométrie réalisés par le BETAC avant et après les rénovations se sont révélés utiles pour de nombreux projets comme celui-ci.

« Le test permet de déceler les zones problématiques au début du projet et s’avère un formidable outil de contrôle de la qualité une fois les travaux terminés. Nous avons ainsi détecté de nombreuses défectuosités qui seraient autrement passées inaperçues. » Le BETAC effectuera un autre test après la rénovation de l’école pour confirmer l’amélioration de l’étanchéité à l’air du bâtiment et repérer tout problème éventuel avant sa remise en service. L’objectif de la rénovation est de réduire de 50 % les couts énergétiques du bâtiment.

« Gordon Bell n’est pas si différente des autres écoles de la ville, indique Rob Spewak. Les mesures que nous allons effectuer et les leçons tirées nous serviront de guides pour aider les autres établissements dans la rénovation de l’enveloppe de leurs bâtiments. « Et le BETAC n’entend pas seulement aider les écoles, ajoute-t-il. Notre objectif des prochaines années est d’élargir notre réseau de partenaires privés pour leur démontrer les avantages d’une meilleure étanchéité de l’enveloppe des bâtiments. L’expertise que nous leur apporterons leur permettra avant tout de prendre de meilleures décisions. L’équation est simple : investir aujourd’hui pour économiser demain. »

En présence d’une infiltration d’air froid, le bâtiment coute plus cher à chauffer et à entretenir. Jusqu’à 40 % des couts de chauffage sont dus à des infiltrations. « Les répercussions sur le chiffre d’affaires sont indéniables. »

Dans les régions au climat froid, si l’enveloppe d’un bâtiment n’est pas étanche, sa structure peut geler puis dégeler jusqu’à six mois durant : le métal rouille, le bois pourrit et les fissures s’élargissent, ce qui compromet la durabilité du bâtiment. Même dans les climats chauds, les fuites permettent à l’air chargé d’humidité de s’infiltrer dans l’enveloppe du bâtiment ou de s’en échapper. Le degré d’étanchéité d’un bâtiment a également une influence sur le niveau de bruit qui y pénètre et sur le confort de ses occupants. « En colmatant les fuites d’air, vous pouvez économiser de l’argent et augmenter la durée de vie de votre bâtiment, explique Rob Spewak. Mais il faut d’abord les trouver. Et souvent, elles sont invisibles à l’œil nu et à des endroits inattendus. »

Le BETAC propose un éventail de tests non destructifs en fonction de la taille et de la complexité du bâtiment. Le processus commence généralement par une visite des lieux pour inspecter les emplacements des portes; les grilles d’entrée et d’évacuation d’air du système de chauffage, de ventilation et de conditionnement d’air; et l’alimentation électrique, et pour vérifier si le bâtiment peut être isolé.

Durant le test, de puissants ventilateurs pressurisent et dépressurisent le bâtiment pendant qu’un appareil mesure la quantité d’air qui entre et sort du bâtiment et calcule la différence de pression correspondante entre l’intérieur et l’extérieur.

Le diagnostic donne une idée de la durabilité générale du bâtiment ainsi que de la performance et de la pérennité de sa barrière étanche. Une deuxième batterie de tests, réalisée avec l’ensemble des portes et fenêtres ouvertes, permet de mesurer plus directement la performance énergétique. À cette étape, l’équipe de recherche utilise parfois des poires à fumée et des caméras thermiques infrarouges pour déceler la trajectoire de fuites d’air bien précises.

Effectuer tous ces tests peut prendre de plusieurs heures à trois jours, en fonction de la taille et de la complexité du bâtiment. Les tests fournissent des données quantifiables qui peuvent aider les propriétaires à localiser les zones problématiques et à déterminer les couts et les avantages d’une rénovation. Dans le cas des nouveaux bâtiments, un test d’infiltrométrie peut être réalisé à la fin des travaux en complément des tests d’étanchéité à l’air effectués au cours des travaux.

Le BETAC effectue des recherches sur l’étanchéité à l’air et sur les méthodes de test depuis le lancement de son projet pilote en 2012; les partenaires qui se tournent vers ses services de tests d’infiltrométrie font donc affaire avec l’un des chefs de file de la province dans ce domaine.

Entre 2012 et 2014, avec le soutien de Manitoba Hydro et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, 26 immeubles commerciaux ont subi un test d’infiltrométrie au Manitoba.

Selon Rob Spewak, la demande de tests de ce genre est appelée à augmenter à mesure que les municipalités et les gouvernements se donneront des mandats verts et imposeront des normes d’étanchéité et d’efficacité énergétique dans leurs codes du bâtiment. En parallèle de ses travaux sur l’étanchéité à l’air, le BETAC œuvre continuellement à diffuser les conclusions de ses recherches auprès du grand public. Ses résultats orienteront la politique sur les bâtiments écologiques du Manitoba ainsi que les initiatives de réduction des émissions de carbone de la province.

Le présent article a été adapté et republié avec l’autorisation du This link will take you to another Web site Red River College Polytechnic (en anglais seulement).