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#BugsR4Girls : une histoire inspirante

Les sciences, c’est pour tout le monde. Quiconque a une passion devrait pouvoir la poursuivre et la partager sans se faire intimider.

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10 février 2021

En novembre 2020, dans le cadre de la cérémonie de remise des prix Inspiration nature décernés par le Musée canadien de la nature, le CRSNG a eu le plaisir de remettre le prix de la catégorie « Jeunes » à Sophia Spencer, 11 ans.

Danika Goosney, vice-présidente, Direction des subventions de recherche et bourses du CRSNG, s’est entretenue virtuellement avec la lauréate, qui est déjà une source d’inspiration et une leader dans le domaine des sciences naturelles. Lisez l’entretien* entre une jeune fille et une femme, toutes deux passionnées de science, qui ont à cœur d’inciter les filles et les femmes à cultiver leur intérêt pour les sciences naturelles et le génie.

Danika : Je tiens d’abord à mentionner à quel point il est important, pour le CRSNG, de promouvoir les sciences et le génie auprès de jeunes comme toi. Je suis très emballée quand je pense à toutes les possibilités qui s’offrent à ceux et celles qui étudient les sciences et le génie. C’est pour cela que je suis si heureuse de te rencontrer. Tu amènes d’autres jeunes à s’intéresser aux sciences et tu fais un travail formidable.

Sophia : Merci.

Je veux aussi te féliciter pour le prix que tu as reçu. C’est un honneur pour moi de te rencontrer. Je suis très contente de te parler et d’en apprendre plus sur toi. Pour commencer, j’aimerais que tu me parles un peu de toi et de ce qui t’a amenée à t’intéresser aux sciences.

Quand j’avais environ deux ans et demi, j’ai visité une serre à papillons – une sorte de zoo pour les papillons. C’est là que tout a commencé. Un papillon s’est posé sur mon épaule, et j’ai trouvé cela tout simplement génial. J’étais fascinée par tous les petits détails que l’on voit sur les papillons. Et j’avais l’impression de savoir ce que les papillons faisaient et ce qu’ils pensaient.

Depuis ce jour, je suis toujours celle qui est différente des autres à l’école. Quand il y a une araignée dans la classe, je ne veux pas qu’on la tue. Je veux qu’on la mette dans un verre. Personne ne comprend. Les autres disent que c’est juste une araignée et qu’on doit la tuer. Moi, je dis qu’il faut la laisser vivre.

Après la maternelle, j’ai dû changer d’école. Lorsque je suis arrivée à ma nouvelle école, en première année, ce n’était plus pareil parce que j’étais nouvelle. Les autres enfants ne m’avaient pas connue quand j’ai commencé à m’intéresser aux insectes. Ils ne comprenaient pas ma passion. Alors ils m’embêtaient à ce sujet. Tout le monde disait que j’étais dégoutante, que j’étais bizarre. À un moment, j’ai même dit à ma mère que les insectes, c’était fini pour moi.

Pendant un bout de temps, j’ai été vraiment triste et déprimée, car même quand j’ai arrêté de m’intéresser aux insectes, on continuait de m’embêter. On m’a vraiment traitée de toutes sortes de noms pas très gentils à l’école. Un jour, je suis revenue de l’école, et ma mère m’a dit qu’elle avait écrit une lettre à la Société d’entomologie du Canada. Quelques jours plus tard, Morgan Jackson nous a contactées pour nous demander la permission de publier la lettre en ligne afin d’attirer l’attention des entomologistes et des femmes dans le monde entier.

Quelques jours après la publication, nous avons commencé à recevoir plein de tweets, de messages et de vidéos. Des gens de partout dans le monde me disaient que j’avais raison d’aimer les insectes. Ils me disaient de poursuivre ma passion. Ils m’ont vraiment encouragée.

Puis, il y a près de quatre ans, un éditeur m’a contactée pour me dire qu’il voulait raconter mon histoire. Ma mère et moi, on pensait que c’était formidable. Quatre ans plus tard, mon livre a été publié. C’était quelques jours après ma fête, ce que j’ai trouvé vraiment super. Encore aujourd’hui, je trouve que c’est génial.

Je crois que nous en sommes tous impressionnés. Alors comment t’es-tu sentie quand tu as commencé à recevoir tous ces messages, ces lettres et ces vidéos? Qu’est-ce que cela t’a fait de savoir qu’il y avait autant de personnes qui t’appuyaient?

Cela m’a fait du bien. J’ai compris que même si une vingtaine d’enfants à l’école pensent que je ne suis pas cool parce que je m’intéresse aux insectes, ça ne veut pas dire que tout le monde pense comme eux. J’étais beaucoup plus heureuse; je n’étais plus triste tout le temps.

C’est vraiment une bonne chose. Pourquoi as-tu décidé d’écrire le livre? Je sais que c’était une occasion unique, mais y a-t-il eu d’autres facteurs qui ont influencé ta décision?

En fait, il y a eu plusieurs petites choses. Mais je voulais avant tout raconter mon histoire. Je voulais la raconter à ceux et celles qui n’avaient pas lu les messages et les tweets. J’étais très contente, car je voulais que d’autres jeunes qui ont des passetemps ou d’autres intérêts que l’on juge bizarres ou anormaux sachent qu’ils ne sont pas seuls et que d’autres personnes s’intéressent aux mêmes choses qu’eux.

Tu aimes les insectes. Voudrais-tu étudier dans un domaine qui touche les insectes? Est-ce quelque chose que tu aimerais faire plus tard?

Pour l’instant, je dirais que oui. Mais je m’intéresse à plein de choses, et mes gouts changent tout le temps. En ce moment, je me passionne encore pour les insectes alors oui, j’aimerais étudier les insectes quand je serai grande.

J’ai aussi étudié les « bibittes », mais dans mon cas, il s’agissait de bactéries. Ce n’est pas la même chose, mais je m’y intéressais vraiment. J’ai vu toute l’attention que les médias ont accordée à ton histoire. C’est tout simplement phénoménal. Tu as parlé à tes camarades de classe et à des élèves partout dans le monde. Quel message veux-tu communiquer à des jeunes comme toi afin qu’ils se souviennent de ton expérience?  

J’aimerais dire à tous les enfants, qu’ils soient au courant ou non de mon histoire, de ne pas renoncer à ce qu’ils aiment, de ne pas renoncer à leur passion. Il est difficile d’imaginer que ces enfants puissent se demander si cela vaut la peine. Qu’ils se disent qu’ils aimeraient mieux avoir des amis et être aimés que de poursuivre leur passion. Mais cela ne leur servira à rien. Ils continueront d’être malheureux, car ils auront renoncé à ce qu’ils aiment.

Je te remercie beaucoup de ton témoignage. Merci aussi de l’exemple que tu donnes. Tu nous montres que les sciences, c’est pour tout le monde. Et que personne ne devrait se sentir isolé ou se faire intimider en raison de son amour pour les insectes ou de tout autre intérêt. Tu es vraiment inspirante et je te dis merci. Et félicitations encore une fois. Je te souhaite tout ce qu’il y a de meilleur pour les années à venir.

Pour en savoir plus sur Sophia et son histoire, lisez l’ouvrage The Bug Girl, dont elle est coauteure, et suivez-la sur Twitter à #BugsR4Girls.

* Par souci de clarté, le texte de l’entretien a été revu et condensé.

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