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Innovation, échecs et persévérance

Il n’y a pas d’âge pour trouver de nouvelles solutions pour un avenir meilleur, plus propre

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le 8 février 2023

En novembre 2022, à l’occasion de la cérémonie de remise des prix Inspiration Nature du Musée canadien de la nature, le CRSNG a eu le plaisir de présenter le prix dans la catégorie Jeunes à une jeune femme extraordinaire pour sa contribution à la science de l’environnement. Naila Moloo, innovatrice de 16 ans vivant à Ottawa, est en train de mettre au point un panneau solaire transparent et flexible qui peut être utilisé sur n’importe quelle surface. Par ailleurs, elle défend ardemment le rôle des femmes en science et est une source d’inspiration pour les personnes de tous âges.

Manal Bahubeshi, vice-présidente de la Direction des partenariats de recherche au CRSNG, a rencontré Naila, en mode virtuel, pour parler de ses passions et de ses réalisations et s’inspirer de sa persévérance et de ses conseils judicieux.

Manal : Je suis très heureuse de m’entretenir avec toi, Naila.

Naila : Merci de m’avoir invitée.

Nous sommes fiers des initiatives et des partenariats du CRSNG qui visent à promouvoir les sciences et le génie auprès des jeunes et nous sommes d’avis que tes réalisations sont une véritable inspiration pour les jeunes Canadiennes et Canadiens, en particulier les jeunes femmes. Je suis épatée par tout ce que tu as réalisé à un si jeune âge, et nous espérons, en faisant connaître des histoires comme la tienne, pouvoir inspirer d’autres à mettre à profit leurs talents et à contribuer à bâtir un avenir meilleur. Qu’est-ce qui a d’abord éveillé ta passion pour les sciences de l’environnement?

Je pense que c’est parce que j’ai été exposée aux changements climatiques dès mon jeune âge. Par exemple, lorsqu’il y avait des déversements de pétrole, mes parents me tenaient informée des dernières nouvelles. Ils me parlaient aussi d’innovations intéressantes dans le domaine des énergies renouvelables. C’est un peu ce qui a éveillé mon intérêt.

En cinquième année, j’ai fait un projet sur les énergies renouvelables et c’était la première fois que je faisais une recherche approfondie sur le sujet. C’est alors que j’ai su que je voulais travailler dans le domaine de l’environnement plus tard. Écrire me tenait aussi à cœur quand j’étais plus jeune, mais aujourd’hui, je passe plus de temps à faire de la recherche sur les changements climatiques. En neuvième année, j’ai commencé à me pencher davantage sur les technologies, pour voir si je pouvais créer quelque chose pour contribuer aux nombreuses solutions proposées.

Tu as mentionné t’intéresser également à l’écriture, et je remarque que tu as des intérêts variés. Tu as écrit des livres, tu animes une baladodiffusion et tu fais de la recherche. Que considères-tu comme les réalisations dont tu es la plus fière jusqu’à maintenant?

En ce qui concerne la recherche, c’est certainement d’avoir pu faire mon entrée dans les laboratoires. Y avoir accès, c’était déjà difficile en soi, mais c’est formidable parce que j’ai pu mettre en place mes projets et amener un professeur à reconnaître le potentiel du produit et à vouloir lui accorder du temps et de l’espace. J’ai l’impression que ça, déjà, c’était une réalisation en soi. Travailler sur mes projets, c’est vraiment super, mais évidemment, il faut s’attendre à connaître beaucoup d’échecs quand on travaille en laboratoire et en recherche. Quand je vis un échec, je me console en me disant qu’au moins, je suis dans un laboratoire, ce qui est déjà un grand défi relevé.

Réussir à faire publier mes livres, c’est certainement une autre de mes réalisations dont je suis très fière. Je n’écris plus vraiment d’histoires de fantaisie, mais cela a tenu une très grande place dans ma vie pendant très longtemps. J’ai eu beaucoup de plaisir à toucher au monde de la publication et de l’édition, et à collaborer avec des illustrateurs, travailler au marketing et entrer dans les librairies.

On dirait que la ténacité et la persévérance ont contribué énormément à tes réalisations. Tu as également mentionné le fait que l’innovation s’accompagne d’échecs. Peux-tu nous en dire un peu plus sur les échecs et les imprévus? Comment arrives-tu à passer au travers et à travailler pour produire les résultats voulus?

Je pense qu’on vit beaucoup d’échecs dans un laboratoire. J’essaie de profiter pleinement de l’expérience, or l’échec en fait partie. J’ai passé mon congé de Noël à travailler sur ma cellule solaire à Toronto. Chaque jour, j’ai eu des échecs et parfois, je retournais à la maison en éprouvant un sentiment de défaite. Quand on travaille sur quelque chose depuis longtemps, ou même depuis quelques jours seulement, et que cela aboutit à un échec, on peut vivre beaucoup de déception. Mais je pense aussi que si c’était facile de créer une solution, par exemple bâtir quelque chose qui n’existe pas déjà et qui pourrait avoir de nouvelles applications, on ne vivrait pas d’échec parce que d’autres l’auraient déjà fait. Je pense qu’il est vraiment important de le reconnaître en cours de route.

Merci pour cette réponse réfléchie. Je sais que tu as eu l’occasion de parler à des leaders et à des spécialistes de divers domaines. Quel conseil ou renseignement utile as-tu tiré de ces discussions?

Plusieurs personnes que j’ai reçues à mon programme de baladodiffusion conseillent aux gens de s’entourer des bonnes personnes, de faire du réseautage et de s’ouvrir aux possibilités pour accroître leurs chances de connaître des heureux hasards. On reçoit des commentaires et des conseils des personnes avec qui on passe du temps. C’est ce qui va déterminer ce que vous faites et aussi la personne que vous êtes.

Je crois que ce qui m’a grandement aidée, c’est d’avoir fait du réseautage et d’être allée à la rencontre des gens, même si c’était intimidant au début. Aucun de mes produits n’aurait progressé le moindrement si je n’étais pas allée au-devant des gens pour avoir leur avis ou tâter le terrain pour voir s’il était possible de travailler dans le laboratoire d’un professeur. Même si vous avez peu espoir que la personne vous parle, foncez quand même. Si elle ne vous répond pas, vous n’aurez pas perdu grand-chose et vous serez tout simplement au même point qu’avant. Par contre, si elle vous répond, vous vous trouverez tout à coup dans une conversation avec une personne que vous admirez vraiment et dont vous pouvez apprendre énormément. C’est merveilleux tout ce que vous pourrez alors en retirer.

Quel bon conseil! Merci beaucoup de l’avoir partagé. Voici une question difficile : si tu pouvais te voir dans l’avenir, où te verrais-tu dans 10 ans?

Honnêtement, je ne sais pas vraiment. Probablement, je l’espère, dans le domaine des changements climatiques. Je souhaite étudier en ingénierie, alors j’aimerais bien avoir un diplôme dans ce domaine. Ensuite, soit j’aurai ma propre entreprise, soit je travaillerai avec une entreprise en démarrage, à tenter de créer des changements importants.

En tant que lauréate du prix Inspiration Nature dans la catégorie Jeunes, quel message aimerais-tu adresser aux jeunes Canadiennes et Canadiens?

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons tellement de ressources à notre disposition. Si vous avez un intérêt ou si un projet vous trotte dans la tête, commencez dès maintenant. Beaucoup de personnes sont disposées à parler aux jeunes et il y a beaucoup de possibilités. Participer aux activités de votre communauté locale, ça aussi, c’est très important. Si vous avez l’impression de tourner en rond, commencez simplement par aller vers les gens pour leur demander ce qu’ils pensent de vos idées, vérifiez si quelqu’un pourrait vous aider à les concrétiser, sans laisser l’âge être un obstacle. Je ne crois pas vraiment que ce soit une question d’intelligence, mais plutôt de curiosité et de véritable intérêt pour ce que vous faites. Et vous devez bien sûr faire preuve d’un peu de persévérance, tout au long du chemin.

Quelle conversation inspirante nous avons eue, Naila. Jeunes ou vieux, nous pouvons toutes et tous en apprendre beaucoup de ton témoignage. J’espère que tu pourras poursuivre ton parcours dans le domaine de l’ingénierie. Et comme il se pourrait que le CRSNG appuie tes futurs travaux de recherche, peut-être nos chemins se recroiseront-ils. J’ai très hâte de voir quels seront tes prochains projets, Naila. Merci infiniment d’avoir pris le temps d’avoir cette conversation!

Merci beaucoup!

Pour en savoir plus sur les activités de Naila et vous tenir au courant, nous vous invitons à consulter son site Web, à l’adresse nailamoloo.com (en anglais seulement).

Veuillez noter que cette entrevue a été révisée pour plus de concision et de clarté.

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