Des chimistes s'attaquent à la crise des opioïdes


Phillip Britz-McKibbin, McMaster University

Des chercheurs de la McMaster University ont mis au point une nouvelle technique qui pourrait permettre de détecter et d'identifier rapidement le fentanyl ainsi qu'un grand nombre d'autres drogues utilisées par les toxicomanes qu'il était difficile de détecter jusqu'à maintenant au moyen des analyses d'urine habituelles.

La méthode, qui est décrite dans le plus récent numéro de la revue Analytical Chemistry, a été conçue pour régler un problème grave et urgent de santé publique lié à la dépendance aux opioïdes et aux décès par surdose accidentelle : l'absence d'un test fiable et économique qui permet de vérifier exhaustivement la présence des drogues synthétiques inondant le marché illégal.

La nouvelle méthode éliminerait le processus à deux étapes actuellement utilisé pour détecter les drogues en permettant aux techniciens d'effectuer un nombre élevé d'analyses simultanément, ce qui réduit considérablement le temps de traitement et améliore la fiabilité du dépistage grâce à l'assurance de la qualité. Il est important de souligner que cette méthode axée sur la spectrométrie de masse permet aussi de détecter une plus grande variété de drogues toxicomanogènes, dont les drogues de synthèse qui échappent aux analyses classiques.

Il faut de toute urgence se doter de nouvelles techniques pour lutter contre ce fléau mondial qu'est l'abus de médicaments d'ordonnance et de drogues illicites et de leurs effets dévastateurs sur la santé publique. Selon un rapport publié récemment par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, il y aurait environ 35 millions de personnes dans le monde qui auraient consommé des opioïdes en 2014. L'Agence de la santé publique du Canada a déclaré que quelque 2 800 personnes seraient décédées d'une surdose d'opioïdes en 2016. Elle s'attend à ce que ce nombre grimpe à au moins 3 000 en 2017.

Les analyses habituelles par immunoessai ne sont pas efficaces, car elles ne peuvent pas détecter un nombre inquiétant de drogues, notamment les opioïdes de synthèse, les tranquillisants, les stimulants et les anxiolytiques. Il faut de plus confirmer les résultats au moyen d'analyses supplémentaires en raison du taux élevé de faux positifs et de faux négatifs, ce qui ralentit davantage le processus.

« Les tests de détection des drogues accusent toujours du retard, parce qu'ils utilisent des réactifs à base d'anticorps qui ciblent seulement les drogues connues et qui peuvent donner des résultats erronés, ce qui augmente le cout des soins de santé et retarde la prise de décisions cliniques », explique Le lien suivant vous am�ne � un autre site Web Phillip Britz‑McKibbin, professeur au département de chimie et de biologie chimique de la McMaster University et auteur principal de l'étude.

« Les techniques actuelles ne sont pas suffisamment précises, exactes et exhaustives, ce qui empêche les médecins de soigner convenablement leurs patients, notamment de s'assurer du respect de l'ordonnance, de relever d'éventuelles substitutions ou de surveiller l'utilisation concomitante de plusieurs médicaments », poursuit M. Britz‑McKibbin.

« Ce problème dépasse la gestion de la douleur. Prenons, par exemple, un patient qui souffre d'une dépression clinique. Les anxiolytiques qui lui sont prescrits peuvent être nocifs si le patient ne prend pas la bonne dose, ou s'il ne prend pas le médicament; les risques qu'il se fasse du mal augmentent, surtout si le médicament est pris avec d'autres drogues. Seuls des tests d'urine fiables peuvent indiquer si le patient suit ou non l'ordonnance du médecin ou s'il consomme d'autres substances nocives qui peuvent miner l'efficacité du traitement et la sécurité du patient », ajoute M. Britz‑McKibbin.

Les chercheurs entendent valider la méthode par rapport aux tests de détection classiques pour une grande variété de drogues; pour ce faire, les chercheurs feront appel à une cohorte de patients en établissement suivis par un médecin.

Ces travaux ont été financés au moyen d'une subvention De l'idée à l'innovation et ont été réalisés en collaboration avec Le lien suivant vous am�ne � un autre site Web Seroclinix Corporation et Le lien suivant vous am�ne � un autre site Web Agilent Technologies Inc. (sites web anglais)

Cet article a été adapté et traduit avec la permission de la Le lien suivant vous am�ne � un autre site Web McMaster University.

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